Le grand rabbin ashkénaze réaffirme l’interdiction de monter sur le Mont du Temple
« L’acte même de monter sur le Mont du Temple est strictement interdit selon l’avis de tous les plus grands maîtres de la Torah d’Israël », écrit-il.


Le grand rabbin ashkénaze d’Israël, Kalman Ber, a réaffirmé l’interdiction, selon la loi juive, de se rendre sur le Mont du Temple à Jérusalem, dans un document publié dimanche.
Le rabbin s’inquiète d’un phénomène qu’il juge en pleine expansion : la présence croissante de groupes de fidèles juifs sur le site, certains allant jusqu’à se prosterner au sol lors de leur visite.
« L’acte même de monter sur le Mont du Temple est strictement interdit selon l’avis de tous les plus grands maîtres de la Torah d’Israël », écrit-il. Il souligne également que la prosternation sur le site demeure elle aussi prohibée.
Lieu le plus sacré du judaïsme et troisième lieu saint de l’islam, le Mont du Temple – connu des musulmans sous le nom d’esplanade des Mosquées – est depuis des décennies l’un des points les plus sensibles du conflit israélo-palestinien.
Depuis avant même la création de l’État d’Israël, le Grand Rabbinat considère que les Juifs ne doivent pas s’y rendre, notamment en raison des règles de pureté rituelle prévues par la halakha. Selon cette interprétation traditionnelle, toute personne est aujourd’hui considérée comme rituellement impure et pourrait pénétrer involontairement dans des zones sacrées dont l’accès est interdit.
Cette position est toutefois de plus en plus contestée au sein du sionisme religieux. Au fil des années, plusieurs rabbins influents ont soutenu qu’il était permis, voire souhaitable, de monter sur le site sous certaines conditions.
Cette évolution a trouvé un écho dans une partie de la classe politique israélienne. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure parmi les responsables qui se rendent régulièrement sur le Mont du Temple et y prient.
La prière juive sur le site reste cependant interdite dans le cadre du « statu quo » régissant les lieux saints entre Israël et le Waqf jordanien, chargé de l’administration du sanctuaire.