Omer Shem Tov critique le film "NAZA" : "Pendant 505 jours, j'ai moi aussi été un dommage collatéral"
"En tant qu'ancien otage, ces minutes ont été pour moi comme une pluie de couteaux", a-t-il déclaré en référence à l'ovation de près de 25 minutes reçue par le film à la Mostra de Venise


Omer Shem Tov, ancien otage du Hamas détenu pendant 505 jours dans la bande de Gaza, a vivement critiqué le film "NAZA" (dommage collatéral en hébreu), estimant qu'il présente les victimes civiles palestiniennes sans suffisamment prendre en compte les circonstances de la guerre et les efforts déployés par Israël pour limiter les pertes civiles. Dans une tribune publiée par le Wall Street Journal, il s'appuie sur sa propre expérience en captivité pour dénoncer une vision incomplète du conflit.
Enlevé au festival Nova lors de l'attaque du 7 octobre, Omer Shem Tov affirme avoir passé une grande partie de sa captivité dans des appartements situés au cœur de zones de combats. Outre la peur de ses ravisseurs, la faim et les mauvais traitements, il raconte avoir vécu avec la crainte permanente d'être tué par une frappe israélienne. "Je sais ce que signifie être un dommage collatéral. Pendant 505 jours, c'est ce que j'ai été", écrit-il.
L'ancien otage rapporte notamment que ses ravisseurs ont parfois fui à l'approche de frappes israéliennes en le laissant derrière eux. Dans le même temps, raconte-t-il, Israël avait contacté la mère de l'un de ses geôliers pour s'assurer qu'elle ne soit pas tuée accidentellement. "J'étais là, kidnappé, affamé et torturé par son fils, pendant que mon armée essayait de maintenir sa mère en vie", écrit-il. Omer Shem Tov évoque également les tracts, appels téléphoniques, messages et ordres d'évacuation utilisés par Israël pour avertir les civils avant certaines opérations.
Omer Shem Tov reconnaît que "la souffrance palestinienne à Gaza est réelle et mérite d'être montrée", mais reproche à "NAZA" de laisser largement hors champ l'attaque du 7 octobre et l'enlèvement des otages. Il précise toutefois ne pas avoir vu le film, qui n'a pas été projeté en Israël, et fonder ses critiques sur les informations publiées à son sujet.
L'accueil réservé au film à la Mostra de Venise, où "NAZA" a reçu le Prix spécial du jury, l'a particulièrement marqué. Évoquant les informations faisant état d'une ovation de près de 25 minutes, l'ancien otage écrit : "En tant qu'ancien otage, ces minutes ont été pour moi comme une pluie de couteaux."