Tsahal : le prolongement du service militaire ne suffira pas à combler le manque d’effectifs
L’armée israélienne estime avoir un besoin urgent de 12 000 soldats supplémentaires, dont 7 000 combattants.


Le prolongement du service militaire obligatoire de 30 à 32 mois ne permettra pas, à lui seul, de répondre aux besoins opérationnels de Tsahal. C’est le message adressé vendredi par le chef de la Direction des ressources humaines de l’armée israélienne, le général Dado Bar Kalifa, au lendemain du vote de la Knesset.
Selon lui, cette prolongation constitue une « nécessité opérationnelle » afin d’offrir un « minimum de répit » aux soldats d’active et aux réservistes, de préserver la qualité de la formation, de stabiliser les unités et de poursuivre, dans une certaine mesure, le renforcement des capacités de l’armée.
Le général Bar Kalifa souligne toutefois que cette mesure ne remplace pas la nécessité d’élargir le nombre de recrues. Il appelle à accroître le recrutement au sein de l’ensemble de la société israélienne et à adapter la législation encadrant le service de réserve. Une allusion directe à la question de la conscription des orthodoxes (haredim), dont une grande partie reste exemptée de service militaire.
L’armée israélienne estime avoir un besoin urgent de 12 000 soldats supplémentaires, dont 7 000 combattants, en raison de l’usure provoquée par plusieurs années de guerre sur plusieurs fronts. Près de 70 000 hommes orthodoxes sont aujourd’hui en âge d’être incorporés, sans avoir été enrôlés.
Tsahal souhaitait rétablir une durée de service de 36 mois, en vigueur jusqu’en 2015. Les députés ont finalement limité l’extension à 32 mois, une mesure qui restera temporaire puisque la loi prévoit un retour à 30 mois en juin 2029.
Cette réforme intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. La coalition gouvernementale a récemment adopté plusieurs textes controversés visant à préserver les exemptions militaires des étudiants des yeshivot, tandis que la Haute Cour de justice a suspendu l’application d’une loi empêchant l’arrestation des réfractaires orthodoxes, dans l’attente de l’examen des recours déposés contre ce texte.