Tsahal met en garde : "Sans rallonge budgétaire, impossible de se préparer face à l'Iran"
"Si l'argent n'arrive pas, nous devrons interrompre le recrutement de réservistes, réduire les missions de renseignements et ne pourrons nous préparer à une reprise de la guerre"


Tsahal réclame une rallonge budgétaire de 25 milliards de shekels pour l'année en cours et avertit que l'absence de ces fonds pourrait affecter directement ses capacités opérationnelles, notamment sa préparation à une éventuelle reprise des combats contre l'Iran, a rapporté Kan jeudi.
Le Conseil de sécurité nationale s'était engagé à accorder à l'armée une enveloppe supplémentaire de 40 milliards de shekels. Douze milliards ont jusqu'à présent été transférés, tandis que trois milliards supplémentaires attendent encore qu'une source de financement soit identifiée. Deux autres versements doivent intervenir en octobre et en décembre.
Un haut responsable de Tsahal a toutefois averti que tout retard supplémentaire aurait des conséquences concrètes sur les activités de l'armée. "Si l'argent n'arrive pas, nous devrons interrompre le recrutement de réservistes dans les commandements Nord et Sud, réduire les missions de collecte de renseignements et nous ne pourrons pas nous préparer correctement à la possibilité d'une reprise de la guerre contre l'Iran", a-t-il déclaré à Kan.
Au-delà des besoins immédiats, l'armée s'inquiète également du financement de ses programmes d'équipement à long terme. Tsahal a obtenu la promesse d'une enveloppe de 350 milliards de shekels sur treize ans, entre 2027 et 2040. Quelque 70 milliards doivent notamment financer l'acquisition d'escadrons de F-35 et de F-15, d'hélicoptères ainsi que des projets dans le domaine spatial.
Benjamin Netanyahou a déjà approuvé une enveloppe de 100 milliards de shekels, mais Tsahal réclame 180 milliards supplémentaires pour poursuivre ses programmes de renforcement et d'équipement, dont certains nécessitent plusieurs années avant d'être opérationnels.
L'armée redoute en particulier que les échéances politiques retardent les décisions budgétaires. Un haut responsable militaire a averti qu'une nouvelle coalition issue des prochaines élections pourrait disposer de plusieurs mois seulement pour adopter un budget. "Si nous arrivons à juillet 2027, ce sera une année perdue", a-t-il estimé, ajoutant que sans financement adéquat, l'armée se retrouverait dans une situation extrêmement difficile alors qu'Israël reste confronté à des menaces sur plusieurs fronts.