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La Turquie accusée de vouloir "conquérir" Jérusalem, Amichaï Chikli réclame la fermeture du consulat
Recep Tayyip Erdogan considère Jérusalem comme un objectif stratégique majeur dans le cadre de son ambition de restaurer l'influence régionale de la Turquie


Le ministre israélien des Affaires de la Diaspora, Amichaï Chikli, a appelé jeudi à la fermeture immédiate du consulat de Turquie à Jérusalem, à la suite de la publication d'un rapport accusant Ankara de mener une stratégie de long terme visant à accroître son influence dans la ville et à soutenir le Hamas.
L'étude, publiée par le Jerusalem Center for Applied Policy (JCAP) sous le titre Turkey's Phased Plan to Conquer Jerusalem: Neo-Ottoman Ambitions and the Muslim Brotherhood Doctrine (Le plan par étapes de la Turquie pour conquérir Jérusalem : les ambitions néo-ottomanes et la doctrine des Frères musulmans). Il y est affirmé que le président turc Recep Tayyip Erdogan considère Jérusalem comme un objectif stratégique majeur dans le cadre de son ambition de restaurer l'influence régionale de la Turquie.
Selon les auteurs, cette stratégie repose sur plusieurs leviers complémentaires. Ankara renforcerait progressivement sa présence à Jérusalem par l'intermédiaire d'institutions culturelles, d'organisations caritatives, de bourses universitaires, de programmes sociaux et d'aides économiques. Le rapport évoque également un déploiement plus large de l'influence turque au Moyen-Orient, avec un ancrage militaire dans le nord de la Syrie, une implication croissante au Liban et des liens renforcés avec la bande de Gaza.
Le document s'attarde en particulier sur les relations entre la Turquie et le Hamas. Il affirme qu'Ankara offre à l'organisation terroriste un espace d'action politique, autorise plusieurs de ses dirigeants à opérer depuis le territoire turc et maintient une coordination entre les responsables du Hamas et les services de renseignement turcs. Les chercheurs estiment également que la Turquie cherche à développer l'influence du Hamas à Jérusalem et en Judée-Samarie par l'intermédiaire d'associations et d'organisations locales.
Le rapport avance en outre qu'Ankara mise, à long terme, sur une réconciliation entre le Hamas et l'Autorité palestinienne débouchant sur la création d'un État palestinien avec Jérusalem pour capitale. Un tel scénario pourrait, selon ses auteurs, permettre à la Turquie de se voir confier un rôle de protecteur des lieux saints de la ville et d'y exercer une influence diplomatique, voire sécuritaire.
Une partie de l'étude est consacrée au consulat turc de Jérusalem, présenté comme un instrument central de cette politique d'influence. Les chercheurs l'accusent de coopérer étroitement avec l'Autorité palestinienne, de soutenir des associations islamistes locales et de contribuer à l'implantation durable des intérêts turcs dans la ville.
S'appuyant sur ces conclusions, Amichaï Chikli a estimé qu'"il n'y a pas de place pour le maintien d'une représentation diplomatique qui agit contre la souveraineté d'Israël à Jérusalem et qui, dans les faits, sert les intérêts du Hamas et du régime turc". Le ministre a également demandé le retrait de toute présence officielle turque en Israël, y compris les médias publics turcs.