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Gafni : la loi sur la conscription sert à faire tomber le gouvernement
« Ils ne veulent pas réellement envoyer les étudiants de la Torah à l’armée, ils protestent contre tout », a-t-il lancé à propos des manifestants


Le député orthodoxe Moshe Gafni, chef du parti Degel HaTorah et figure de proue du Judaïsme unifié de la Torah, a vivement critiqué dimanche soir les manifestations en faveur de la conscription des orthodoxes, estimant que leur véritable objectif n’est pas l’intégration des étudiants des yeshivas dans l’armée, mais la chute du gouvernement.
S’exprimant sur les ondes de la radio Kan Reshet Bet, Gafni a affirmé que la loi sur la conscription sert avant tout d’outil politique. Selon lui, « la loi sur l’enrôlement est devenue une sorte de mantra, un prétexte commode pour tenter de faire tomber la coalition ». Il a souligné que ces mobilisations avaient débuté bien avant la guerre actuelle et qu’elles s’attachent successivement à différents thèmes, abandonnant ceux qui ne rencontrent pas d’écho public.
Le député s’est dit sceptique quant à la sincérité des revendications des manifestants, allant jusqu’à douter que les protestations cesseraient même si l’ensemble des étudiants des yeshivas rejoignaient les rangs de l’armée israélienne. « Ils ne veulent pas réellement envoyer les étudiants de la Torah à l’armée, ils protestent contre tout », a-t-il lancé.
Moshe Gafni a toutefois évité de se prononcer clairement sur les paramètres précis de la future loi, notamment les quotas d’enrôlement ou la définition du principe « la Torah comme profession ». Il a rappelé que, selon les grandes autorités rabbiniques, seuls ceux qui étudient effectivement la Torah doivent bénéficier d’une exemption. « Le moment venu, je consulterai les sages de la Torah. S’ils me demandent de voter en faveur de la loi, je le ferai », a-t-il assuré.
Interrogé sur un éventuel retour au sein de la coalition gouvernementale, l’ancien président de la commission des Finances de la Knesset a indiqué que sa décision dépendrait de son ressenti personnel. « Si je pense pouvoir faire partie de cette coalition, je reviendrai. Sinon, je resterai à l’écart », a-t-il déclaré, précisant qu’il évite volontairement de centrer son discours sur la conscription afin de ne pas « jouer le jeu » de ses opposants.
Enfin, Gafni a estimé que l’avenir du gouvernement repose largement sur les choix du Premier ministre Benjamin Netanyahou. « S’il s’attaque réellement aux problèmes et agit avec détermination, le gouvernement ira jusqu’au bout de son mandat. S’il ne le fait pas, il ne le terminera pas », a-t-il conclu, laissant planer le doute sur la stabilité de la coalition.