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Étude israélienne : vivre en communauté réduirait fortement le risque de mortalité
En prenant les habitants des kibboutzim religieux comme groupe de référence, les chercheurs ont constaté un risque de mortalité supérieur de 75 % chez les Juifs non orthodoxes vivant en milieu urbain


Les liens sociaux et la vie communautaire pourraient jouer un rôle important dans la longévité, au-delà de la pratique religieuse elle-même. C'est ce que suggère une vaste étude israélienne portant sur plus de 1,2 million de personnes et publiée dans le Journal of Religion and Health.
Menée par des chercheurs du Jerusalem College of Technology et de l'université d'Ariel, l'étude a comparé quatre groupes de la population juive israélienne : les habitants de kibboutzim religieux, ceux de kibboutzim laïcs, les Juifs orthodoxes vivant en milieu urbain et les Juifs non orthodoxes vivant en ville.
Les écarts observés sont importants. En prenant les habitants des kibboutzim religieux comme groupe de référence, les chercheurs ont constaté un risque de mortalité supérieur de 75 % chez les Juifs non haredim vivant en milieu urbain et de 27 % chez les haredim vivant en ville. En revanche, aucune différence statistiquement significative n'a été relevée entre les habitants des kibboutzim religieux et laïcs.
Au total, les chercheurs ont suivi pendant 31 ans 1 246 159 Israéliens juifs nés entre 1940 et 1960. Parmi eux figuraient 4 081 habitants de kibboutzim religieux, 1 959 de kibboutzim laïcs, 62 674 haredim vivant en ville et plus de 1,17 million de citadins non haredim. L'étude s'appuie notamment sur les données du registre de la population, du ministère de la Santé, de l'administration fiscale et du système éducatif israélien.
Pour les auteurs, ces résultats suggèrent que la religion ne suffit pas, à elle seule, à expliquer les différences constatées. La cohésion communautaire, le soutien social, les conditions de vie et les ressources socio-économiques pourraient également avoir une influence sur la santé à long terme.
"Les tendances de mortalité à long terme ne sont pas seulement façonnées par l'appartenance religieuse, mais aussi par le contexte communautaire et social plus large", explique la Dre Ronit Pinchas-Mizrachi, qui a dirigé l'étude.
Les chercheurs appellent toutefois à approfondir ces résultats afin de mieux mesurer l'influence d'autres facteurs individuels, notamment le tabagisme, l'âge et le sexe.