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Israël : le contrôleur de l’État pointe des lacunes dans la scolarisation des élèves évacués
Le rapport met en évidence l’absence de plan d’urgence éducatif, des pénuries de personnel et un manque de coordination entre autorités locales.


Sept mois après le déclenchement de la guerre « Épées de fer », près de 10 000 élèves évacués n’avaient toujours pas été intégrés dans un cadre éducatif en mai 2024, révèle un rapport publié mardi par le contrôleur de l’État. Le document met en lumière de graves défaillances dans la gestion de la continuité pédagogique pour les enfants déplacés.
Le rapport souligne que le ministère de l’Éducation ne disposait pas de données concernant les élèves évacués de manière autonome et n’a pas assuré un suivi suffisant de leur présence dans les structures mises en place. Selon le contrôleur, l’absence de plan d’urgence à long terme pour garantir une réponse éducative formelle en cas d’évacuation prolongée a entraîné d’importants dysfonctionnements.
La dispersion des élèves entre de nombreuses autorités locales a constitué l’un des principaux obstacles. Les élèves de Kiryat Shmona, par exemple, ont été répartis dans 52 centres d’apprentissage situés dans 17 municipalités différentes. Ceux du conseil régional d’Eshkol ont été accueillis dans 33 centres relevant de 13 autorités locales.
Le rapport attire également l’attention sur la situation de l’éducation spécialisée : seuls 41 % des élèves concernés ont été correctement affectés, contre 43 % dans l’enseignement général.
Une enquête menée par l’Autorité nationale de mesure et d’évaluation (RAMA) auprès de 151 centres révèle que 16 % d’entre eux souffraient d’un manque de personnel éducatif dans toutes les catégories examinées. Les pénuries les plus marquées concernaient les jardinières d’enfants (75 %), les enseignants du primaire (71 %), du secondaire (67 %) et les conseillers pédagogiques (52 %). En outre, 66 % des centres ont signalé un manque d’espaces physiques et 79 % un déficit d’équipements destinés aux activités de soutien psychosocial.
Le contrôleur pointe également une absence de clarification quant au partage des responsabilités entre autorités locales d’origine et d’accueil, notamment pour l’organisation et le financement des transports scolaires.
Au total, la majorité des élèves évacués provenaient du primaire (16 800), suivis du préscolaire (15 800) et du secondaire (15 200). Vingt-neuf jardins d’enfants et cinq établissements d’éducation spécialisée ont également été déplacés.