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Au Liban, Jean-Noël Barrot évite soigneusement de prononcer le mot “Israël”
Une omission qui interroge sur la capacité de la diplomatie française à peser au Moyen-Orient, à l’heure où les équilibres régionaux se redessinent sans elle.


Lors de son intervention sur i24NEWS, Michael Darmon a livré une lecture de la récente tournée moyen-orientale du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qualifiée officiellement de « stratégique ». Pour l'éditorialiste, la question centrale est simple : en quoi cette tournée relevait-elle réellement d’une stratégie, alors même que la France peine aujourd’hui à peser dans les grands dossiers régionaux ?
Michael Darmon souligne un fait particulièrement révélateur : lors de sa conférence de presse à Beyrouth, Jean-Noël Barrot n’a à aucun moment prononcé les mots « Israël » ou « État d’Israël », lui préférant l’expression vague de « voisinage du Liban ». Un choix de vocabulaire que Michaël Darmon juge lourd de sens et symptomatique d’une diplomatie française embarrassée, cherchant à ménager ses interlocuteurs sans assumer clairement ses positions.
Le ministre a certes rappelé le soutien de Paris à la souveraineté libanaise, au renforcement de l’État et au processus de désarmement du Hezbollah, autant d’objectifs partagés depuis l’élection du président Joseph Aoun. Mais, selon Michaël Darmon, la France n’est plus aujourd’hui un acteur moteur : elle accompagne des dynamiques qu’elle ne contrôle plus, dans un contexte où les décisions majeures échappent largement aux Européens.
L’intervention met aussi en lumière le déclassement relatif de la diplomatie française au Moyen-Orient. Face à la centralité américaine, aux jeux d’influence régionaux et aux recompositions en cours, Paris apparaît cantonné à une posture de présence symbolique, prudente, parfois ambiguë.
Pour Michael Darmon, cette tournée illustre moins une ambition stratégique qu’une difficulté croissante à assumer un discours clair et une influence réelle dans une région dominée par le rapport de force.