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Ayoub Kara : "L’union des partis arabes ne changera pas l’équation politique en Israël"
Ayoub Kara estime que cette alliance repose davantage sur un calcul électoral que sur une vision politique commune.


Invité de La Grande Édition ce mercredi soir, l’ancien membre de la Knesset et figure du Likoud, Ayoub Kara, a livré une analyse de l’union annoncée des partis arabes en Israël. Pour lui, cette alliance, présentée comme un tournant politique, repose moins sur une vision commune que sur un calcul électoral voué à l’échec.
Selon Ayoub Kara, une scission après les élections reste possible, mais elle n’est pas l’enjeu central. « Même unis, ces partis ne disposent pas d’un socle idéologique partagé », explique-t-il, soulignant les profondes divergences entre formations communistes, islamistes et nationalistes arabes. Leur point commun, affirme-t-il, serait avant tout la volonté d’affaiblir la droite israélienne plutôt que de proposer un projet de gouvernance cohérent.
L’ancien député estime que cette stratégie pourrait produire l’effet inverse de celui recherché. Une union trop visible des partis arabes risquerait, selon lui, de pousser une partie de l’électorat centriste vers la droite, par crainte de voir ces formations exercer une influence déterminante sur le pouvoir. « Beaucoup d’Israéliens refusent de confier des responsabilités à des partis qui, selon eux, revendiquent des droits sans assumer pleinement les devoirs liés à l’appartenance à l’État », avance-t-il.
Sur le plan électoral, Ayoub Kara se montre catégorique : même avec une progression significative — jusqu’à 20 sièges — l’alliance arabe ne serait pas en mesure de modifier l’équilibre politique. Il se dit convaincu que la droite conservera le pouvoir, portée par un climat sécuritaire profondément marqué par les événements du 7 octobre.
Concernant le leadership à droite, il juge que Naftali Bennett reste durablement affaibli, accusé d’avoir « trahi » son camp, tandis que Benjamin Netanyahou ou un autre leader de droite disposerait d’un potentiel bien supérieur pour diriger le pays. Enfin, Ayoub Kara distingue le cas de Mansour Abbas, qu’il décrit comme pragmatique, attentif à l’égalité des droits et capable de compromis. Une exception, selon lui, dans un paysage arabe fragmenté où la bataille reste avant tout celle des sièges — et non des idées.