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Fatimeh Robiolle : "Le peuple iranien ne veut plus de réformes, mais la chute du régime"
La contestation s’est étendue à l’ensemble du territoire et à toutes les couches de la société, portée par des revendications claires.


Ancienne ingénieure en Iran, aujourd’hui installée à l’étranger, Fatimeh Robiolle livre une analyse de la situation actuelle dans son pays d’origine. Si les informations en provenance d’Iran restent fragmentaires et parfois contradictoires, elle affirme sans détour que le régime des mollahs n’a jamais été aussi menacé.
Selon elle, la mobilisation ne se mesure plus seulement au nombre de manifestants visibles à un instant donné, mais à son ampleur géographique et sociale. Les protestations s’étendent désormais à 200 à 250 villes, touchant toutes les couches de la population. Une dynamique inédite depuis plus de quarante ans. « Ce que nous observons aujourd’hui n’est comparable à rien de ce que l’Iran a connu depuis 1979 », souligne-t-elle.
Pour Fatimeh Robiolle, la rupture est désormais claire : la population ne réclame plus des ajustements, mais la fin du régime, l’instauration d’une démocratie, d’un État laïque et d’une vie normale. Une aspiration longtemps contenue, désormais exprimée sans ambiguïté.
Sur le plan économique, le constat est tout aussi sévère. L’effondrement du rial — passé en quelques décennies d’un dollar pour 70 rials à près de 1,5 million aujourd’hui — illustre, selon elle, la disparition de toute économie fonctionnelle. Une élite restreinte, qu’elle chiffre à environ 2 000 familles, aurait pillé le pays avant de préparer son départ, tandis que des avions russes évacuent capitaux et biens.
Quant au scénario d’une prise de pouvoir par les Gardiens de la Révolution après une éventuelle chute de l’ayatollah Khamenei, Fatimeh Robiolle le juge peu probable. L’économie est exsangue, le régime isolé, et une partie des forces armées pourrait basculer du côté de la population, encouragée de longue date par le prince Reza Pahlavi.
Pour elle, l’Iran vit un moment charnière : celui d’un peuple qui, pour la première fois depuis des décennies, semble prêt à reprendre en main son destin.