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France–Iran : Roland Lombardi plaide pour un retour à une diplomatie de fermeté inspirée de Pasqua
Revenant sur les années Pasqua, Roland Lombardi critique une diplomatie française aujourd’hui marginalisée au Moyen-Orient et plaide pour un retour à une stratégie de fermeté face à l’Iran.


Face aux tensions persistantes au Moyen-Orient, Roland Lombardi, directeur de la rédaction du Diplomate média, appelle à un repositionnement stratégique de la France, aujourd’hui « hors jeu » selon lui, sur les grands dossiers internationaux. Dans une intervention marquée par une lecture historique, il revient sur les années 1980 pour illustrer ce qu’il considère comme une diplomatie plus efficace, incarnée par l’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua.
À l’époque, la France est frappée par une vague d’attentats, des prises d’otages au Liban et l’attentat du Drakkar, qui a coûté la vie à 58 soldats français. Dans ce contexte, Roland Lombardi rappelle que Paris soupçonne déjà l’implication de réseaux liés à l’Iran, sans pour autant disposer de réponses claires. C’est alors que Charles Pasqua décide de « reprendre la main », en adoptant une posture de fermeté assumée.
L’épisode le plus marquant reste, selon lui, le bras de fer engagé avec l’ambassade d’Iran à Paris, soupçonnée d’abriter un agent impliqué dans les attentats. « Il bloque l’ambassade, déploie les forces de sécurité et exige la remise de cet individu », rappelle Lombardi. Des interceptions britanniques de l’époque témoigneraient même de l’inquiétude des responsables iraniens face à cette détermination, preuve selon lui de l’efficacité d’une diplomatie appuyée par la contrainte.
Au-delà du récit historique, Roland Lombardi en tire une leçon pour aujourd’hui : face à certains régimes, « il faut tenir le bâton bien visible ». Il défend ainsi une approche mêlant dialogue et rapport de force, estimant que la seule négociation ne suffit pas dans un environnement aussi instable.
Critique envers la diplomatie française actuelle, qu’il juge marginalisée, il appelle à un retour à une politique plus assertive pour retrouver une influence perdue au Moyen-Orient. « Nous étions une puissance écoutée et respectée ; aujourd’hui, nous sommes mis à l’écart », regrette-t-il.
Pour Roland Lombardi, l’histoire récente montre que la crédibilité internationale se construit aussi par la capacité à imposer un rapport de force, et non uniquement par le dialogue.