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France–Israël : Éric Danon décrypte une relation fragilisée et une diplomatie sous tension face au Hezbollah
L’ancien ambassadeur Éric Danon pointe les contradictions de la diplomatie française.


Éric Danon, ex-ambassadeur français en Israël, met en lumière une réalité inconfortable : la relation sécuritaire entre Paris et Jérusalem traverse une zone de turbulences inédites. Pour l’ancien diplomate, il ne s’agit pas d’une «impasse», mais d’une «contradiction apparente» dans la position française, prise entre le soutien au désarmement du Hezbollah et le refus d’une action militaire israélienne au sud du Liban.
«Tout le monde sait bien que les forces armées libanaises ne peuvent pas le faire», souligne-t-il, évoquant l’incapacité structurelle de l’armée libanaise à désarmer le Hezbollah. Dans ce contexte, Israël estime devoir agir seul pour se défendre, justifiant notamment la mise en place d’une zone de sécurité au nord de son territoire.
Mais cette divergence stratégique a un coût diplomatique. «Je comprends la déception des Israéliens», confie Éric Danon, se disant «très triste» de la dégradation des relations. Selon lui, cette fracture remonte au 7 octobre et s’est aggravée avec une série de décisions françaises perçues comme hostiles, notamment sur les exportations d’armes ou le non-survol du territoire français par des avions américains à destination d’Israël.
«La relation de sécurité est à un point très bas aujourd’hui», insiste-t-il, évoquant une rupture partielle de coopération dans ce domaine sensible.
Sur le fond, Éric Danon pointe également une ambiguïté persistante dans la position française vis-à-vis du Hezbollah. Traditionnellement, Paris distingue la branche politique de la branche armée du mouvement. Mais cette distinction est de plus en plus remise en cause. «Elle n’a plus grand sens», estime-t-il, évoquant une organisation devenue «monolithique» depuis les événements récents.
Une évolution est en cours, mais lente. Pour l’ancien ambassadeur, la France devra clarifier sa position si elle veut retrouver une influence dans un dossier où les équilibres régionaux restent extrêmement fragiles.