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Israël face à la Turquie : une menace émergente, mais secondaire face à l’Iran
Pour Rémi Daniel, la Turquie constitue un défi stratégique croissant pour Israël, mais reste à ce stade une menace secondaire face à l’Iran, dans un contexte de recomposition des équilibres régionaux.


Alors que la guerre avec l’Iran continue de structurer les priorités sécuritaires d’Israël, la question d’une montée en puissance de la Turquie dans l’équation régionale commence à s’imposer. Invité sur i24NEWS, le chercheur Rémi Daniel livre une analyse nuancée : la Turquie constitue un défi croissant, mais ne saurait, à ce stade, être placée au même niveau que la menace iranienne.
« Il faut d’abord terminer de s’occuper de la menace iranienne », souligne-t-il d’emblée, insistant sur la nécessité pour Israël de concentrer ses ressources face à un adversaire toujours actif et structurant. Dans un contexte de capacités militaires limitées, la hiérarchisation des priorités apparaît, selon lui, essentielle.
Pour autant, la Turquie ne peut être ignorée. Rémi Daniel évoque une « radicalisation du discours turc » à l’égard d’Israël, ainsi qu’une multiplication des points de friction entre les deux pays. Si Ankara reste un acteur intégré aux réseaux internationaux et maintient des relations formelles avec Israël, la dynamique actuelle traduit une évolution stratégique qui pourrait peser à moyen terme.
Sur le plan militaire, toutefois, l’équilibre reste en faveur d’Israël, notamment dans le domaine aérien. « La Turquie est en retard (…) au niveau des avions, des missiles et des intercepteurs », explique-t-il, rappelant que lors de frappes iraniennes, ce sont les capacités de l’OTAN qui ont assuré l’interception. Dans un scénario de confrontation à distance, Israël conserverait donc un avantage significatif.
En revanche, d’autres terrains pourraient s’avérer plus sensibles, notamment en Syrie ou en mer, où les intérêts turcs et israéliens pourraient davantage s’opposer. Mais pour l’heure, Ankara ne semble pas se préparer à une confrontation directe. « La Turquie ne se prépare pas forcément à une guerre avec Israël », estime le chercheur, même si elle cherche à corriger rapidement ses faiblesses, notamment avec l’appui européen.
Enfin, sur le plan politique, Recep Tayyip Erdogan tente depuis plusieurs années de s’imposer comme une figure centrale du monde musulman, en particulier sur la question palestinienne. Une ambition qui, selon Rémi Daniel, se heurte encore à des résistances dans le monde arabe, marqué par des rivalités et un manque de confiance à l’égard d’Ankara.
Dans cette configuration, la Turquie apparaît moins comme une menace immédiate que comme un facteur d’évolution stratégique, à surveiller dans un environnement régional en recomposition.