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Sarah Doraghi : "Une douleur immense face à une France qui n’est pas à la hauteur de l’histoire"
La journaliste livre un témoignage poignant sur le décalage entre la réalité vécue par les Iraniens et la position de la France, dénonçant une occasion historique manquée face au régime de Téhéran.


Après plus d’un mois de guerre, la voix de Sarah Doraghi tranche par son intensité. Invitée sur i24NEWS, elle livre ce dimanche soir un témoignage à la fois personnel et politique, nourri par ses échanges avec des Iraniens restés au pays. Selon elle, ces derniers ont accueilli avec soulagement le sauvetage du pilote américain, y voyant un revers infligé aux Gardiens de la révolution. « Ils savaient très bien que s’ils l’avaient récupéré, ils auraient gagné la guerre de l’information », explique-t-elle.
Mais au-delà de cet épisode, Sarah Doraghi insiste sur un point central : le décalage entre la réalité vécue par les Iraniens et la perception occidentale. Elle évoque « quelque chose d’extrêmement douloureux » face à l’attitude de la France, qu’elle accuse de privilégier des considérations économiques au détriment de ses valeurs historiques. « Voir que le gouvernement actuel place les soucis économiques au-dessus des valeurs de liberté, c’est un effondrement intérieur », confie-t-elle.
La critique devient plus frontale encore lorsqu’elle évoque les déclarations d’Emmanuel Macron. « J’ai un mal physique quand je l’entends dire que ce n’est pas par les bombes qu’on libère les Iraniens », lance-t-elle, rappelant le coût humain des révoltes internes réprimées dans le sang. « 40 000 jeunes sont morts pour leur liberté », insiste-t-elle.
Pour elle, la France manque aujourd’hui un moment historique. « Elle aurait pu jouer un rôle énorme, même par les mots », affirme-t-elle, appelant à des mesures concrètes comme le gel des avoirs liés aux Gardiens de la révolution ou la fermeture de l’ambassade iranienne.
Enfin, Sarah Doraghi exprime une profonde désillusion personnelle. « J’aurais aimé me dire qu’on ne s’était pas trompé de pays », confie-t-elle, redoutant que la position actuelle de Paris « assombrisse les pages de l’histoire ».
À travers ses mots, c’est une double fracture qui apparaît : celle entre le peuple iranien et son régime, mais aussi celle entre les attentes d’une diaspora et les choix d’une diplomatie occidentale jugée insuffisamment engagée.