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Setareh Ghorbani : "Pour les Iraniens, le vrai danger reste la survie du régime"
Elle décrit une population iranienne prise entre répression intérieure, exécutions, arrestations arbitraires et coupures d’Internet.


Pour Setareh Ghorbani, porte-parole de l’association HOMA, la principale menace ressentie par les Iraniens ne vient pas d’abord de l’extérieur, mais du régime lui-même. Invitée à commenter la situation en Iran après les tensions militaires et les négociations autour de Téhéran, elle décrit une population prise entre la crise économique, la répression politique et la peur d’un retour en force de la République islamique contre sa propre société.
L’interruption des hostilités n’a pas été vécue comme un soulagement par de nombreux Iraniens. Au contraire, affirme-t-elle, les frappes et la pression extérieure avaient momentanément détourné le régime de sa machine répressive. « La République islamique ne trouvait pas le temps d’accélérer la pression sur le peuple », explique-t-elle. Mais depuis l’accalmie, le pouvoir aurait retrouvé « le temps et la force » de réprimer davantage.
Setareh Ghorbani évoque une hausse spectaculaire des exécutions, qu’elle estime à plus de 1.000 depuis le début de 2026, ainsi qu’une multiplication des arrestations arbitraires, y compris de mineurs. À cela s’ajoutent les coupures d’Internet, qui aggravent l’isolement de la population et rendent la situation « deux fois plus grave ». Pour elle, la question centrale est claire : si la République islamique survit à cette séquence, la situation intérieure deviendra encore plus insupportable. Elle va jusqu’à affirmer que certains Iraniens préféreraient les conséquences économiques d’une fermeture du détroit d’Ormuz au maintien du régime au pouvoir.
Interrogée sur les relais régionaux de Téhéran, elle insiste notamment sur le rôle des milices pro-iraniennes en Irak, en particulier le Hachd al-Chaabi. Selon elle, ces groupes restent loyaux à la République islamique et défendent davantage les intérêts de Téhéran que ceux de l’Irak. Mais leur puissance aurait diminué : ils ne disposent plus, selon elle, de la force du Hezbollah ou des Houthis.
Pour autant, ces milices conservent une capacité de nuisance. Formées et encadrées par l’Iran, parfois même sur le territoire iranien, elles peuvent mener des actions paramilitaires et jouer un rôle dans des conflits asymétriques. Leur influence ne se limite pas au terrain militaire : elles disposent aussi de relais au Parlement irakien, ce qui en fait un outil hybride, à la fois politique et sécuritaire, au service de la stratégie régionale de Téhéran.