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Transmettre la mémoire de la Shoah par la photographie
Un regard, une photo, une histoire : Nissim Sellam fait vivre la mémoire des survivants de la Shoah à travers ses portraits.


Invité de Regards Croisés, l'émission présentée par Miri Maman sur i24NEWS, le photographe et créateur de contenu Nissim Sellam est revenu sur le projet qui l'anime depuis plusieurs années : immortaliser les survivants de la Shoah afin de transmettre leur mémoire à travers un simple portrait.
Son ambition est de raconter une histoire en un seul regard, à une époque où les images défilent plus vite que les mots.
« Celui qui voit la photo sait en un regard qui est la personnalité qui pose. C'est ça l'idée du projet. On est dans un monde d'images, tout va très vite, parfois on n'a pas le temps de lire. Je veux qu'en une image, on puisse voir, comprendre et peut-être être ému par l'histoire d'un survivant de la Shoah », explique-t-il.
À l'origine, rien ne prédestinait ce projet à prendre une telle ampleur. Après avoir photographié un survivant de la Shoah, celui-ci lui demande ce qu'il compte faire de son histoire. Nissim Sellam lui répond qu'il publiera simplement la photo sur le site internet du média avec lequel il collaborait. La réponse du rescapé changera le cours de son parcours : « Non, il faut que tu ailles voir d'autres personnes et que tu continues à faire ça. » « C'est comme ça que la mission s'est imposée à moi », raconte-t-il.
Parmi les nombreuses rencontres qui l'ont marqué figure celle d'Israël Kristal, alors considéré comme l'homme le plus âgé du monde. Après avoir photographié le survivant, décédé quelques mois plus tard, Nissim Sellam invite sa fille à une exposition de ses œuvres au musée de Tel-Aviv. Durant toute la journée, elle reste debout aux côtés du portrait de son père.
Interrogée sur l'héritage que lui a laissé son père, elle répond par une expression qui bouleverse le photographe : « De chaque citron, il a fait de la limonade. » Une formule qui résume, selon elle, la vie d'Israël Kristal : survivant de la Shoah, arrivé en Israël sans ressources après avoir perdu sa famille, il avait reconstruit sa vie en créant une entreprise de confiseries, partie d'un simple étal de bonbons dans les rues de Haïfa.
Pour Nissim Sellam, cette histoire incarne le message qu'il souhaite transmettre à travers son travail. « C'est peut-être la plus grande leçon que j'ai reçue. Rien n'est jamais joué, même après l'horreur », confie-t-il.
À travers ses portraits, le photographe cherche à préserver une mémoire vivante et accessible aux nouvelles générations, convaincu qu'une seule image peut parfois transmettre davantage qu'un long récit.