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Face au boycott de jeunes musiciens français et israéliens choisissent le dialogue


Du 4 au 13 octobre 2026, sept jeunes musiciens français retrouveront leurs homologues israéliens pour trois concerts et un voyage pensé comme un espace de dialogue.

Eva F
Eva F ■ i24NEWS
8 min
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  • Israël
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  • Rencontres France–Israël
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Conservatoire de Tel Aviv
Conservatoire de Tel Aviv

Répondre au boycott par la musique. Du 4 au 13 octobre 2026, les premières Rencontres musicales franco-israéliennes réuniront en Israël sept jeunes musiciens français et leurs homologues israéliens. Pendant dix jours, ces artistes partageront répétitions, concerts et découvertes du pays, de Tel-Aviv à Jérusalem, avant de rejoindre Kfar Blum, dans le nord d’Israël.

À l’origine du projet, Marc Maidenberg défend une conviction : lorsque le débat politique tend à diviser, la création artistique peut encore faire naître un dialogue. « Le 7 octobre a été pour moi, comme pour beaucoup de gens, un coup de tonnerre terrible. Plus rien ne sera jamais comme avant », confie-t-il.

Une réponse au boycott culturel

Si les attaques du 7 octobre 2023 constituent la toile de fond de son engagement, l’élément déclencheur survient en novembre 2025. La venue à Paris de l’Orchestre philharmonique d’Israël, dirigé par Lahav Shani, suscite alors une importante controverse. À la suite d’appels relayés notamment dans Mediapart et par la CGT Spectacle, certains réclament l’annulation ou la « contextualisation » du concert prévu à la Philharmonie de Paris.

Marc Maidenberg et David Verdier lancent alors un appel public contre le boycott. Dans une lettre ouverte adressée à Olivier Mantei, directeur général de la Philharmonie, ils dénoncent le risque d’assimiler les artistes à la politique de leur gouvernement et défendent la liberté de création. Selon les organisateurs, le texte recueille plus de 22 000 signatures en 48 heures et reçoit le soutien de grands noms de la musique classique.


Le concert est finalement maintenu le 6 novembre 2025. La soirée est toutefois interrompue à trois reprises, notamment par l’utilisation de fumigènes. Malgré ces incidents, le pianiste Sir András Schiff, les musiciens de l’orchestre et leur chef Lahav Shani remontent sur scène et achèvent le programme avec calme et dignité.

Dans les jours qui suivent, Marc Maidenberg dit avoir reçu de nombreux appels de musiciens, juifs comme non juifs, lui faisant part d’un climat devenu particulièrement difficile autour d’Israël dans certains conservatoires et établissements d’enseignement supérieur.

« Ce qui a déclenché très précisément la création des premières Rencontres musicales franco-israéliennes, c’est la tentative de boycott de la venue du Philharmonique d’Israël à Paris », explique-t-il.


Dès le mois de décembre, le projet commence à prendre forme. Son idée : inviter de jeunes musiciens français talentueux, ouverts sur le monde et n’ayant jusqu’alors aucun lien avec Israël, à venir découvrir le pays et à travailler avec des artistes israéliens de leur génération.

Dix jours pour travailler et se rencontrer

Les sept participants français, pour la plupart issus du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, prépareront avec leurs homologues israéliens un programme composé d’œuvres françaises et israéliennes.

Les jeunes artistes bénéficieront de l’accompagnement de quatre mentors reconnus : les Français Pierre Génisson et Régis Pasquier ainsi que les Israéliens Michal Korman et Yoni Gertner. Leur encadrement artistique constituera l’un des piliers de cette première édition.

Le projet bénéficie également du soutien et de l’accueil des directeurs artistiques Raz Benyamini, Uri Dror et Gilad Hochman. Leur engagement, ainsi que celui de partenaires et de donateurs, a permis de mettre sur pied les répétitions, les déplacements et les trois concerts prévus pendant le séjour.


Mais ces rencontres ne se limiteront pas à la scène. Chaque matin, les musiciens répéteront ensemble au Conservatoire israélien de musique de Tel-Aviv. Les après-midi seront consacrés à la découverte d’Israël, de son histoire et de ses différentes réalités.

« L’idée est de les emmener dans le pays, du sud au nord, pour leur faire voir la réalité géographique, humaine et économique », précise Marc Maidenberg.

Dans le sud, le groupe rencontrera un survivant du kibboutz Nir Oz, qui racontera ce qu’il a vécu le 7 octobre. Les participants se rendront également sur le site du festival Nova et dans les localités proches de la frontière avec Gaza, afin de prendre la mesure de la proximité géographique des lieux attaqués.

Le séjour se poursuivra à Jérusalem, avec notamment une découverte de la Vieille Ville, puis dans le nord d’Israël. Sur le plateau du Golan, les jeunes musiciens assisteront à une présentation historique et géopolitique de la région avant de rencontrer des habitants de villages druzes.

Ce parcours doit leur permettre de découvrir un pays souvent placé au centre de l’attention internationale, mais aussi régulièrement réduit, en Europe, à la guerre et aux controverses politiques. Les organisateurs souhaitent offrir aux participants la possibilité de se forger leur propre regard, à travers les rencontres et l’expérience du terrain.

Trois concerts à Tel-Aviv Jérusalem et Kfar Blum

Le travail accompli pendant cette semaine donnera lieu à trois représentations publiques. Le premier concert se tiendra le 8 octobre à 19 h 30 au Conservatoire israélien de musique de Tel-Aviv.

Dès le lendemain matin, les musiciens rejoindront Jérusalem pour une répétition et les derniers réglages techniques. Leur deuxième concert aura lieu le 9 octobre à midi au Jerusalem Music Centre et sera retransmis en direct à la radio.

Après leur passage dans la capitale, ils prendront la direction du nord du pays. Le troisième et dernier concert est prévu le 12 octobre au Clore Center for the Performing Arts de Kfar Blum.

Un an après la mobilisation contre le boycott de l’Orchestre philharmonique d’Israël à Paris, Marc Maidenberg souhaite ainsi donner une dimension concrète à son engagement. Les Rencontres musicales franco-israéliennes ne prétendent pas effacer les désaccords politiques. Elles entendent créer, le temps d’un séjour et de trois concerts, un espace dans lequel de jeunes artistes peuvent travailler, apprendre et se découvrir autrement.

Au cœur de cette première édition se trouve une idée simple : la musique ne résout pas les conflits, mais elle permet encore de se rencontrer et de s’écouter.

« Aucune paix ne naîtra du silence imposé aux artistes », écrivaient Marc Maidenberg et David Verdier dans leur appel. En octobre, Français et Israéliens tenteront d’en apporter la démonstration sur scène.

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