Iran : peine de prison confirmée pour Jafar Panahi, palme d’or 2025 à Cannes
Accusé de « propagande » contre l’État, de soutien à des dissidents et de la « réalisation d’un film clandestin », le cinéaste est également interdit de quitter l’Iran pendant deux ans.


La justice iranienne a rejeté l’appel du réalisateur dissident Jafar Panahi et confirmé sa condamnation à un an de prison pour « propagande » contre l’État, a annoncé son avocat.
Le cinéaste, récompensé par la Palme d’or au Festival de Cannes 2025 pour Un Simple Accident, est également frappé d’une interdiction de quitter le territoire iranien pendant deux ans.
Selon l’acte d’accusation, la condamnation repose notamment sur la « réalisation d’un film clandestin » critique du pouvoir, son soutien à plusieurs dissidents et prisonniers politiques ainsi que son appui au mouvement « Femme, Vie, Liberté », né après la mort en détention de Mahsa Amini en 2022.
La décision a été confirmée par un tribunal révolutionnaire de Téhéran présidé par le juge Iman Afshari, magistrat visé par des sanctions de l’Union européenne pour son rôle dans la répression de dissidents.
Âgé de 65 ans, Jafar Panahi était rentré en Iran le 30 mars dernier malgré sa condamnation, alors que le pays traversait une période de fortes tensions régionales.
Figure majeure de la Nouvelle Vague iranienne, le réalisateur avait déjà été emprisonné à deux reprises, en 2010 puis entre 2022 et 2023. Il avait retrouvé la liberté après avoir observé une grève de la faim.
Son film Un Simple Accident, tourné clandestinement en Iran, raconte l’histoire de cinq Iraniens victimes de la brutalité et de l’arbitraire de la République islamique, convaincus d’avoir retrouvé l’un de leurs anciens geôliers.
Cette nouvelle condamnation intervient alors que les autorités iraniennes poursuivent leur répression contre les voix critiques du régime.