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Portrait | Ofer Winter, le général devenu figure de la droite sécuritaire israélienne
Son ambition : incarner une droite sécuritaire décomplexée, capable de séduire au-delà du seul électorat religieux. Sa liste réserve quelques surprises.


Né le 3 février 1971 à Kiryat Ata, dans le nord d’Israël, Ofer Winter grandit dans un milieu sioniste religieux. Engagé dans Tsahal en 1990, il sert dans l’unité d’élite Sayeret Matkal avant de gravir les échelons de l’infanterie. Il commande notamment l’unité antiterroriste Douvdevan, puis la brigade Guivati, forgeant une réputation d’officier offensif, peu enclin aux compromis.
C’est pendant l’opération Bordure protectrice, à Gaza, en 2014, qu’il se fait connaître du grand public. Dans une lettre adressée à ses soldats, il invoque Dieu pour les accompagner dans leur combat contre les ennemis d’Israël. Cette profession de foi déclenche une polémique sur la place de la religion dans l’armée. La même année, il se retrouve au cœur des controverses entourant les combats de Rafah, après la capture du lieutenant Hadar Goldin par le Hamas. L’intensité des bombardements et les nombreuses victimes civiles palestiniennes suscitent de vives critiques.
Promu général de brigade, il prend ensuite le commandement de la 98e division. Mais sa carrière s’arrête brutalement en 2024, faute de nouvelle promotion. Ses soutiens dénoncent une mise à l’écart idéologique, sans preuve officielle. Winter, lui, ne cache plus ses désaccords avec la hiérarchie militaire.
Depuis le 7 octobre 2023, il défend une doctrine radicalement offensive à Gaza. Pour lui, Israël ne doit pas se contenter d’affaiblir le Hamas, mais rechercher une victoire militaire totale. Il dénonce les hésitations du commandement, rejette les solutions jugées trop conciliantes et défend l'émigration des Palestiniens de Gaza comme issue au conflit.
En août 2026, il franchit le pas politique en lançant son parti, Amcha Israel (« Ton peuple Israël »). Son ambition : incarner une droite sécuritaire décomplexée, capable de séduire au-delà du seul électorat religieux. Sa liste réserve quelques surprises.
En deuxième position figure Yossef Haddad, Arabe israélien chrétien, ancien soldat de Golani blessé au combat, devenu l’un des défenseurs les plus médiatiques d’Israël à l’étranger. Farouche adversaire des partis arabes traditionnels, il ambitionne de devenir le premier Arabe à siéger au cabinet de sécurité israélien.
À la sixième place, Laly Derai, Française d’origine installée en Israël, incarne une autre dimension de cette liste. Mère de Saadia Yaakov Derai, soldat tombé à Gaza en juin 2024, cette militante engagée dans les débats sur l’identité juive et la sécurité nationale entend porter la voix des familles endeuillées par la guerre.
Ce casting singulier, mêlant un général religieux, un Arabe chrétien sioniste et une mère franco-israélienne endeuillée, traduit la volonté de Winter de dépasser les frontières habituelles de la droite nationaliste, sans rien céder sur ses convictions sécuritaires.
À l’approche des élections législatives du 27 octobre 2026, Winter joue toutefois un pari risqué. En refusant de rejoindre une formation existante, il s’expose au danger de ne pas franchir le seuil électoral et de faire perdre des voix à son propre camp. Reste à savoir si sa réputation de combattant et son discours de fermeté suffiront à transformer un général controversé en véritable force politique.
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