Barbara Butch porte plainte contre LFI, Alain Soral et le média Omerta
La DJ engage plusieurs procédures pour provocation à la haine et à la violence après l’interruption de son concert à Grenoble par des militants propalestiniens et insoumis.


Barbara Butch va porter plainte contre La France insoumise, plusieurs élus et représentants locaux du mouvement, le média d’extrême droite Omerta et l’essayiste Alain Soral, a annoncé son avocate Audrey Msellati.
Ces plaintes pour provocation à la haine et à la violence doivent être déposées ce jeudi 23 juillet. Elles interviennent après l’interruption du concert de la DJ samedi dernier à Grenoble par des militants propalestiniens et de LFI.
L’action répondait à un appel au boycott lancé notamment par la section iséroise de La France insoumise. Les militants reprochaient à Barbara Butch sa participation, en 2025, à un événement organisé à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël ainsi que sa signature d’une tribune soutenant la proposition de loi Yadan contre les nouvelles formes d’antisémitisme.
Invitée mercredi sur BFMTV, Barbara Butch a déclaré être « toujours en état de choc » après les événements. « Je ne m’attendais pas à une telle violence », a-t-elle confié.
L’artiste de 45 ans estime que l’antisémitisme progresse en France depuis trois ans et affirme avoir atteint « un climax » depuis le massacre du 7 octobre 2023.
Barbara Butch a été reçue mercredi matin par la ministre de la Culture Catherine Pégard. Celle-ci lui a assuré que l’État veillerait à protéger ses conditions d’expression artistique ainsi que son intégrité physique.
La DJ, qui bénéficie désormais d’une protection non policière, maintient son prochain concert prévu samedi à Saint-Martin-du-Tertre, dans l’Yonne. Le dispositif de sécurité sera renforcé en coordination avec la préfecture.
« Je vais m’y rendre avec le même panache et la même fierté pour diffuser des messages de paix, d’amour et d’espoir. Je ne céderai pas à cette peur que l’on essaie de me faire ressentir », a-t-elle assuré.
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé a estimé que Barbara Butch avait été « chassée de scène parce qu’elle est juive ». Elle a directement mis en cause LFI et assuré que l’État garantirait la sécurité de l’artiste.
Le maire LR de Sens, Paul-Antoine de Carville, a pour sa part dénoncé un « antisémitisme décomplexé sous couvert de défense de la cause palestinienne ».
La justice a ouvert mardi une enquête pour « délit d’entrave concertée aux libertés » après les perturbations survenues pendant le concert.
Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI, a reconnu que le tract distribué par les militants insoumis était « mauvais » et condamné les insultes ainsi que les jets de projectiles. Elle a toutefois assuré qu’il n’existait « pas d’antisémitisme » dans les rangs de son mouvement.
Déjà victime de cyberharcèlement antisémite, lesbophobe et grossophobe après sa participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris en 2024, Barbara Butch affirme désormais être prise pour cible à la fois par l’extrême droite et par des militants propalestiniens.