Dieudonné condamné à six mois sous bracelet électronique pour apologie du terrorisme
Dieudonné avait qualifié le 7 octobre de "date merveilleuse, extraordinaire, féerique"


Dieudonné M'Bala M'Bala a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Paris à six mois de prison, une peine qui sera exécutée à domicile sous bracelet électronique, notamment pour apologie du terrorisme. Le polémiste a également écopé de 5 000 euros d'amende et de trois ans d'inéligibilité.
L'affaire portait notamment sur une vidéo de deux minutes publiée sur X le 7 octobre 2024, jour du premier anniversaire de l'attaque du Hamas en Israël. Dans cette séquence, vue environ un million de fois, Dieudonné qualifiait cette journée de "date merveilleuse, extraordinaire, féerique", avant d'expliquer qu'il faisait référence à l'anniversaire de sa fille, née un 7 octobre.
Le tribunal n'a pas retenu cette explication. Les magistrats ont considéré que le procédé employé permettait de présenter sous un jour favorable les attaques terroristes du 7 octobre. Lors de son procès en juin, l'avocat de Dieudonné avait plaidé "l'humour noir", tandis que le polémiste avait insisté sur son statut d'humoriste et assuré ne pas intervenir comme responsable politique ou intellectuel.
La justice a également retenu l'apologie du terrorisme pour une autre vidéo publiée après l'incendie visant la synagogue de La Grande-Motte, dans l'Hérault, en août 2024. Dieudonné avait alors suggéré que cette attaque puisse constituer une réponse à ce qu'il présentait comme de la "haine" et du "racisme" exprimés par certains Juifs de France depuis le 7 octobre.
Le polémiste a par ailleurs été condamné pour injure publique envers Laurent Nuñez, qui était préfet de police de Paris au moment des faits. Dans une vidéo diffusée après l'interdiction de l'un de ses spectacles, il l'avait interpellé en des termes grossiers et l'avait appelé à venir discuter avec lui. Le tribunal a estimé que ces propos dépassaient les limites admissibles de la liberté d'expression.
Cette nouvelle décision s'ajoute à un lourd passé judiciaire. Avant ce procès, le casier de Dieudonné comptait déjà 34 condamnations. En 2015, il avait notamment été condamné à deux mois de prison avec sursis pour apologie du terrorisme après avoir publié le message "Je me sens Charlie Coulibaly", quelques jours après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher.
Le parquet avait requis en juin un an de prison ferme contre Dieudonné. Outre sa peine, son amende et son inéligibilité, il devra verser 1 000 euros à l'Organisation juive européenne et un euro symbolique à Laurent Nuñez.