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États-Unis : l’antisémitisme s’enracine jusque dans les salles de cours universitaires, selon l’ADL
Les comportements de certains enseignants et la manière dont Israël et le sionisme sont présentés contribuent à maintenir un climat hostile pour les étudiants juifs et israéliens


L’antisémitisme sur les campus américains ne se limite plus aux manifestations et aux campements étudiants, mais s’est également installé dans les salles de cours, les programmes universitaires et certains réseaux d’enseignants, affirme l’Anti-Defamation League (ADL) dans deux rapports publiés mercredi. L’organisation dit avoir identifié des cas récurrents de contenus favorables à des organisations terroristes intégrés à des cursus, de crédits supplémentaires accordés pour la participation à des rassemblements anti-Israël, ainsi que des situations dans lesquelles des étudiants juifs ou israéliens auraient été pris à partie en classe.
Selon l’ADL, 1 694 incidents antisémites ont été recensés sur les campus américains en 2024, contre 583 en 2025. Malgré cette baisse des incidents publics, l’organisation estime que les comportements de certains enseignants et la manière dont Israël et le sionisme sont présentés dans les cours contribuent à maintenir un climat hostile pour les étudiants juifs et israéliens.
Le rapport cite notamment des lectures d’auteurs liés au Front populaire de libération de la Palestine, ainsi que plusieurs déclarations controversées d’universitaires après le massacre du 7 octobre. Il évoque également le cas d’un étudiant israélien de Columbia ayant servi dans une unité combattante et qui aurait été qualifié par un professeur de "l’un des meurtriers". D’autres étudiants auraient été sommés de répondre personnellement de la politique israélienne ou de la guerre dans la bande de Gaza.
L’ADL pointe aussi des cursus dans plusieurs établissements prestigieux, dont Stanford, Princeton, Northwestern et l’Université de Californie à Berkeley, où des affirmations politiques très controversées sur Israël seraient parfois présentées comme des faits établis. Dans certains cas, des étudiants auraient reçu des points supplémentaires pour participer à des manifestations anti-Israël, tandis que des cours auraient été annulés afin de permettre aux étudiants de rejoindre des mobilisations.
Un second rapport s’intéresse au rôle des réseaux d’enseignants dans la mobilisation anti-Israël. L’ADL affirme que des groupes tels que Faculty and Staff for Justice in Palestine, présents dans plus de 130 campus, ont renforcé leurs liens avec des organisations étudiantes et, dans certains cas, contribué à les protéger de sanctions. Près des trois quarts des enseignants juifs interrogés disent par ailleurs avoir été témoins d’activités antijuives émanant de collègues.
Face à ce phénomène, l’ADL a annoncé la création d’un dispositif confidentiel permettant aux étudiants et personnels universitaires de signaler des cas de discrimination ou de biais dans les salles de cours. "Les universités ne peuvent prétendre lutter sérieusement contre l’antisémitisme si elles ignorent ce qui se passe derrière la porte des salles de classe et au sein des instances professorales", a déclaré Jonathan Greenblatt, directeur général de l’organisation.