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Antisémitisme dans le monde en 2025 : vingt morts, violence accrue et discours de haine normalisé
Les expressions violentes et explicites ont explosé, avec des augmentations comprises entre 100 % et 275 %


L’année 2025 restera gravée dans la mémoire des communautés juives de la diaspora comme l’une des plus sombres depuis la Seconde Guerre mondiale, tant par l’ampleur que par la nature des attaques. Selon les données compilées par l'Organisation sioniste mondiale, le nombre d’incidents antisémites physiques a augmenté par rapport à 2024, incluant agressions dans la rue, attaques de synagogues, harcèlement ciblé et dégradations d’institutions juives.
Vingt personnes ont été tuées dans le monde en 2025 lors d’actes antisémites, dont quinze lors d’un massacre lors d’un événement de Hanoucca à Sydney. Ces chiffres montrent que la haine des Juifs dépasse désormais le cadre numérique pour se matérialiser dans la réalité. À Miami, par exemple, de jeunes clients d’une discothèque ont entonné la chanson "Heil Hitler" de Kanye West, illustrant la banalisation de la rhétorique extrême, également visible sur les réseaux sociaux.
Une étude menée à l’Université d'Ariel par les Drs Raheli Baratz et Petr Oskolkov révèle une évolution inquiétante. Alors que les discours antisémites liés à la politique ont diminué de 31,1 %, les expressions violentes et explicites telles que "Juif nazi", "F**K Jew" ou "Heil Hitler", ont explosé, avec des augmentations comprises entre 100 % et 275 %. Les chercheurs soulignent également une hausse de 21 % de l’interaction sur les réseaux sociaux, malgré moins de publications, due à l’activité de bots alimentant en continu la haine antisémite.
La normalisation de ces discours extrêmes crée un environnement où la haine devient autonome. Contrairement à 2024, où les pics d’antisémitisme suivaient des événements médiatiques, la montée des propos violents en 2025 s’est prolongée sur quatre mois sans déclencheur particulier. Même lorsque la question des otages a occupé l’actualité en octobre, le discours en ligne est resté centré sur la haine, loin de tout cadre politique.
Pour les spécialistes, ce phénomène a un lien direct avec la violence physique. "Lorsque les expressions extrêmes deviennent la norme digitale, le seuil de honte et de retenue chute", explique Dr Baratz. "La haine n’a plus besoin de justification politique et le passage aux actes devient plus court." Ifat Ovadia-Luski, ancienne présidente du KKL, insiste : "La haine quotidienne sur les réseaux sociaux prépare le terrain pour la violence, qui devient une option légitime aux yeux des antisémites."
À l’approche de la Journée internationale de commémoration de la Shoah, le 27 janvier, ces données rappellent que l’antisémitisme du 21ᵉ siècle n’est plus un phénomène ponctuel mais un processus durable, amplifié par la technologie et aux conséquences tragiques. Les 20 victimes de 2025 sont la preuve tragique de cette évolution.