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"Conseil de paix" pour Gaza : la guerre contre l’Iran bloque la force internationale
La guerre contre l’Iran freine les efforts pour former une force de stabilisation à Gaza, plusieurs pays musulmans hésitant désormais à coopérer ouvertement avec Washington et Israël.


La force internationale de stabilisation pour Gaza, annoncée en février lors de la première réunion du Board of Peace de Donald Trump, peine toujours à voir le jour. Trois mois après son lancement, aucun des cinq pays ayant promis des troupes n’a encore fourni de contribution significative.
Cette force devait compter environ 20 000 soldats et être dirigée par le général américain Jasper Jeffers. Son objectif affiché était de sécuriser Gaza après deux ans de guerre entre Israël et le Hamas, et de soutenir la reconstruction de l’enclave.
Mais le projet est désormais bloqué. Le cessez-le-feu reste fragile, le Hamas refuse de se désarmer, et Israël continue de contrôler environ 60 % de Gaza tout en menant des frappes contre des cibles terroristes actives.
La guerre contre l’Iran a encore compliqué la situation. Dans plusieurs pays arabes et musulmans, une coopération ouverte avec les États-Unis et Israël est devenue politiquement plus difficile, alors que Washington et Jérusalem sont largement perçus comme les agresseurs dans le conflit avec Téhéran.
Le principal coup dur est venu d’Indonésie. Jakarta avait promis 8 000 soldats, soit la contribution la plus importante. Mais environ une semaine après les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, l’Indonésie a suspendu indéfiniment son engagement. Le ministre indonésien de la Défense a expliqué que son pays n’avait toujours pas reçu de directives concrètes de mise en œuvre.
Les autres contributions restent limitées. Le Kazakhstan évoque surtout une aide humanitaire, avec des unités médicales et un hôpital de campagne. Le Kosovo devrait envoyer une vingtaine de soldats. L’Albanie parle d’un processus encore en cours, tandis que le Maroc n’a pas donné de mise à jour claire.
Du côté du Board of Peace, l’ancien ministre bulgare Nickolay Mladenov, nommé par Donald Trump pour diriger l’initiative, affirme que la force ne pourra pas commencer ses opérations tant que la deuxième phase du cessez-le-feu ne sera pas appliquée. Celle-ci doit inclure le désarmement du Hamas et un retrait israélien progressif.
Hamas accuse Israël de violer la trêve et de bloquer son application. Israël affirme, de son côté, répondre aux violations du cessez-le-feu. Plusieurs pays pressentis pour participer à la force refusent d’envoyer des soldats sans accord clair sur le désarmement du Hamas.
Malgré les retards, une participation indonésienne n’est pas totalement exclue. Le président Prabowo Subianto veut renforcer le rôle international de Jakarta et préserver ses liens avec Washington. Mais pour l’instant, le projet de force internationale pour Gaza reste largement en suspens.