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La mère de Shani Louk poursuit AP et Reuters pour avoir diffusé des images du corps de sa fille à des fins commerciales
Ricarda Louk accuse notamment le photographe ayant immortalisé la scène d’avoir accompagné les terroristes lors de leur offensive


Ricarda Louk, la mère de Shani Louk, a engagé une action en justice contre les agences de presse Associated Press et Reuters pour avoir diffusé des photographies montrant sa fille après l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre 2023. L’affaire a été évoquée dans l’émission "Complément d’enquête", diffusée sur France 2, dans laquelle la mère de la jeune femme est revenue sur les circonstances particulièrement douloureuses de cette découverte.
Le 7 octobre, alors que la famille est sans nouvelles de Shani Louk, une Israélo-Allemande de 23 ans présente au festival Nova, une photographie prise quelques heures après le début de l’attaque commence à circuler dans les médias du monde entier. Le cliché montre la jeune femme à l’arrière d’un véhicule utilisé par des terroristes du Hamas, entourée d’hommes armés. Ses proches l’identifient rapidement grâce aux vêtements qu’elle portait ce jour-là.
Dans son témoignage, Ricarda Louk explique avoir découvert cette image à répétition sur les réseaux sociaux, les chaînes d’information et différentes plateformes en ligne. Elle affirme avoir appris par la suite que la photographie avait été vendue à Associated Press avant d’être largement diffusée par de nombreux médias internationaux.
La plainte déposée par la famille de Shani Louk s’inscrit dans une procédure plus large menée par cinq familles de victimes des attaques du 7 octobre. Les plaignants réclament au total 7,5 millions d’euros de dommages et intérêts. L’action vise non seulement les agences Associated Press et Reuters, mais également plusieurs photographes présents lors des attaques et ayant commercialisé leurs images.
Ricarda Louk accuse notamment le photographe ayant immortalisé la scène d’avoir accompagné les terroristes lors de leur offensive. Selon elle, certains des photographes présents ce jour-là auraient eu connaissance des événements à venir. Elle conteste également les affirmations des agences selon lesquelles certains de ces photographes n’étaient pas directement liés à leurs réseaux de collaborateurs.
Shani Louk était devenue l’un des symboles des atrocités commises lors du massacre du festival Nova. Fin octobre 2023, l’identification d’un fragment osseux avait permis d’établir son décès. Son corps a finalement été retrouvé dans la bande de Gaza par l’armée israélienne en mai 2024. Elle se trouvait au festival en compagnie de son compagnon, Orión Hernández-Radoux, un ressortissant franco-mexicain dont le corps a également été retrouvé dans le territoire palestinien.
Cette procédure judiciaire relance le débat sur le rôle des photographes présents lors des attaques du 7 octobre, ainsi que sur les conditions dans lesquelles certaines images particulièrement choquantes ont été diffusées par les grandes agences de presse internationales.