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Le Royaume-Uni menace d’élargir les sanctions et dénonce la riposte israélienne
Ed Miliband a rejeté les critiques du grand rabbin de Grande-Bretagne, qui avait estimé que les sanctions constituaient un "jour sombre pour les Juifs britanniques"


Le Royaume-Uni pourrait élargir ou réduire la portée de ses nouvelles sanctions visant les implantations israéliennes en Judée-Samarie en fonction des décisions prises par le prochain gouvernement israélien, sans toutefois envisager à ce stade de les abandonner. Un responsable britannique a expliqué à des journalistes que Londres disposait d’une certaine marge de manœuvre dans la mise en œuvre de ces mesures, dont les modalités techniques doivent encore être précisées dans les six à neuf prochains mois.
Les autorités britanniques disent notamment attendre d’Israël une limitation de l’expansion des implantations et des violences commises par des résidents israéliens, ainsi que des avancées politiques vis-à-vis des Palestiniens et l’arrêt des initiatives susceptibles d’affaiblir l’Autorité palestinienne. Le même responsable a affirmé qu’Israël avait assuré au Royaume-Uni, à la France et à l’Allemagne qu’aucune nouvelle mesure ne serait prise concernant le projet E1 avant les élections israéliennes, avant qu’un nouvel appel d’offres immobilier ne soit publié. Londres présente cet épisode comme l’un des éléments ayant conduit à l’annonce des sanctions.
Les mesures britanniques doivent notamment interdire les importations de produits provenant des implantations de Judée-Samarie, y compris dans la vallée du Jourdain. Londres prévoit également d’autoriser des sanctions ciblées contre des entreprises, organisations ou individus participant au financement, à la construction ou au soutien des implantations. Leur application à certains secteurs sensibles, notamment aux banques israéliennes, doit encore être tranchée.
La riposte israélienne a parallèlement déclenché une nouvelle escalade diplomatique. Israël a notamment ordonné la fermeture, sous trente jours, du consulat britannique à Jérusalem et décidé d’écarter des représentants britanniques du Centre international de soutien à Gaza à Kiryat Gat. Le ministre britannique des Affaires étrangères Ed Miliband a qualifié ces mesures de "regrettables et dommageables", estimant que l’exclusion des diplomates britanniques nuisait aux efforts de mise en œuvre du plan américain pour Gaza.
Ed Miliband a également rejeté les critiques du grand rabbin britannique Ephraim Mirvis, qui avait estimé que les sanctions constituaient un "jour sombre pour les Juifs britanniques" et risquaient de renforcer l’extrémisme anti-israélien. "Je ne suis pas d’accord avec le grand rabbin", a déclaré Ed Miliband à la BBC, affirmant que le Royaume-Uni ne visait pas spécifiquement Israël et ne pouvait rester passif face aux souffrances des Palestiniens. Il a toutefois assuré que les relations sécuritaires et de renseignement entre Londres et Israël seraient maintenues.
Selon le responsable britannique, le Premier ministre Benjamin Netanyahou et son homologue britannique Andy Burnham ne se sont par ailleurs toujours pas entretenus depuis l’entrée en fonction de ce dernier, fin juillet, malgré la forte dégradation des relations entre les deux pays.