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Manuel Valls : "Si Israël tombe, nous tombons"
"Soutenir Israël est aujourd’hui, clairement et honnêtement, la meilleure manière de combattre l’antisémitisme"


En visite à Jérusalem, l’ancien Premier ministre français Manuel Valls a livré un plaidoyer sans détour en faveur d’Israël, estimant que son destin est indissociable de celui de l’Occident. "Si Israël tombe, nous tombons", a-t-il déclaré dans un entretien accordé au Jerusalem Post, affirmant que se joue en Israël une part décisive de la lutte mondiale contre l’islamisme, le régime des mollahs iraniens et leurs alliances, notamment avec la Russie.
Ami de longue date d’Israël, Manuel Valls a rappelé que son engagement remonte à sa jeunesse et s’inscrit dans son parcours à gauche. Il souligne que les relations entre la France et Israël ont longtemps été portées par des dirigeants de gauche, de Golda Meir à Shimon Peres, en passant par François Mitterrand et Lionel Jospin. "Soutenir Israël est aujourd’hui, clairement et honnêtement, la meilleure manière de combattre l’antisémitisme", affirme-t-il.
Selon lui, une partie de la classe politique française ne saisit pas la nature actuelle de l’antisémitisme. S’il insiste sur la nécessité de continuer à enseigner la Shoah, il estime que la haine des Juifs aujourd’hui est largement liée à la haine d’Israël. Sur ce point, il dit être en désaccord avec le président Emmanuel Macron. Valls évoque également l’existence, au sein de la population musulmane en France, d’une minorité animée par la haine des Juifs, soulignant que l’islamisme menace à la fois les Juifs et la République. "La France sans les Juifs ne serait plus la France", rappelle-t-il.
Très critique envers La France insoumise, qu’il accuse d’avoir fait de l’antisémitisme un "modèle politique", Valls estime que ce courant représente aujourd’hui un danger plus important que le Rassemblement national sur ce terrain. Il voit dans la présence de l’extrême droite, et l’absence de l’extrême gauche, lors de la manifestation contre l’antisémitisme de novembre 2023, un basculement politique et culturel majeur.
Concernant la reconnaissance par la France d’un État palestinien en 2025, Valls parle d’une "erreur", estimant qu’une telle démarche, dans le contexte actuel, donne l’impression de légitimer le Hamas. Favorable de longue date à une solution à deux États, il affirme qu’elle reste impossible tant que le Hamas terroriste est présent et tant que la sécurité d’Israël n’est pas garantie. Il appelle enfin à dépasser les "vieilles recettes diplomatiques européennes" pour tenir compte des profondes mutations du Proche-Orient.