- i24NEWS
- International
- Europe
- Italie : polémique après une campagne en ligne visant à recenser les Juifs et les Israéliens
Italie : polémique après une campagne en ligne visant à recenser les Juifs et les Israéliens
Un formulaire anonyme invitant à signaler la présence de Juifs et d'Israéliens dans les hôtels et commerces a suscité une vive indignation.


Les représentants de la communauté juive dénoncent une dérive rappelant les persécutions fascistes.
Un formulaire anonyme diffusé sur les réseaux sociaux et des groupes de messagerie en Italie appelait ces derniers jours les internautes à signaler la présence de Juifs, d'Israéliens ou de personnes supposées liées aux « sionistes » dans les hôtels, locations de vacances, commerces et autres établissements.
Présentée comme un outil destiné à « cartographier le tourisme sioniste » en Italie, l'initiative invitait également à signaler des achats immobiliers et ce qu'elle qualifiait de « néocolonisation sioniste » du pays.
Le formulaire a été retiré d'Internet après l'intervention du commissaire italien chargé de la lutte contre l'antisémitisme, Pasquale Angelosanto. Les responsables de la communauté juive estiment toutefois que cette campagne marque une nouvelle étape dans la banalisation de l'antisémitisme.
Le président de la communauté juive de Rome, Victor Fadlun, a dénoncé une « véritable chasse à l'homme », estimant que des personnes étaient ciblées uniquement en raison de leur religion ou de leur lien présumé avec Israël.
À Milan, Walker Meghnagi, président de la communauté juive locale, a comparé cette initiative aux persécutions visant les Juifs dans l'Europe des années 1930. Il a indiqué que les documents avaient été transmis aux autorités afin qu'une enquête judiciaire soit ouverte.
La présidente de l'Union des communautés juives italiennes, Livia Ottolenghi, a qualifié cette campagne de « nouveau badge jaune », en référence à l'étoile jaune imposée aux Juifs sous le régime nazi. Elle a également dénoncé un vocabulaire rappelant les lois raciales fascistes de 1938.
Le président du Sénat italien, Ignazio La Russa, ainsi que plusieurs responsables de la coalition de la Première ministre Giorgia Meloni, ont condamné l'initiative, estimant qu'elle ravivait « les démons du passé » et portait atteinte aux droits fondamentaux.
Cette polémique intervient alors que les actes antisémites sont en forte hausse en Italie. Selon le Centre de documentation juive contemporaine (CDEC), 963 incidents antisémites ont été recensés en 2025, soit une hausse de 10 % par rapport à 2024, de 100 % par rapport à 2023 et de 400 % par rapport à 2022. Les agressions physiques ont, elles, augmenté de 225 %.