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Frappes iraniennes contre les bases américaines : les États-Unis envisagent de réduire leur présence au Koweït
La présence américaine est désormais perçue à la fois comme un facteur de risque et comme une garantie indispensable de sécurité


Les États-Unis étudient une réduction de leur présence militaire au Koweït, dans un contexte marqué par les attaques iraniennes contre les installations américaines dans le Golfe, rapporte vendredi le Wall Street Journal. Selon plusieurs responsables américains cités par le quotidien, le Pentagone réfléchissait déjà à limiter ses effectifs dans le pays avant le déclenchement de la guerre contre l’Iran. Une partie importante des forces a depuis été évacuée afin de réduire leur exposition, faisant craindre aux autorités koweïtiennes que ce redéploiement ne devienne permanent.
Depuis la première guerre du Golfe, le Koweït accueille le principal centre logistique de l’armée américaine dans le monde. Des milliers de soldats y sont stationnés, aux côtés de chars Abrams et d’importants moyens d’artillerie. Les relations entre les deux pays restent solides et rien n’indique que le Koweït souhaite remettre en cause son alliance avec les États-Unis. Mais cette présence militaire massive a également accru sa vulnérabilité depuis le début des hostilités.
L’Iran a visé le Koweït avec des centaines de missiles et de drones, s’attaquant notamment à des infrastructures énergétiques, à des installations de dessalement, à l’aéroport international et à un port du Golfe. Les exportations pétrolières koweïtiennes par le détroit d’Ormuz ont également été perturbées. Les systèmes de défense antiaérienne américains ont intercepté la majorité des projectiles, mais les sites militaires américains ont subi plusieurs frappes, dont une attaque en mars qui a coûté la vie à six soldats.
Ancien ambassadeur des États-Unis au Koweït, Douglas Silliman estime que ces attaques ont renforcé une forme d’ambivalence dans le pays : la présence américaine est désormais perçue à la fois comme un facteur de risque et comme une garantie indispensable de sécurité.
Elizabeth Dent, ancienne responsable du Pentagone, souligne pour sa part que la question centrale dépendra de la durée de la confrontation avec l’Iran. Une réduction durable des forces américaines pourrait, selon elle, affaiblir la perception de l’engagement de Washington en faveur de la défense du Koweït.