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Iran : après la guerre, une économie au bord de l’asphyxie et une crise sociale explosive
Après la guerre et le blocus, l’Iran fait face à une crise économique et sanitaire majeure, marquée par l’effondrement de sa monnaie, une flambée des prix et des pénuries critiques.


L’Iran s’enfonce dans une crise économique et sociale d’une ampleur inédite depuis la fin des hostilités. Entre effondrement de la monnaie, explosion des prix et pénuries critiques, le pays fait face à une situation qui menace désormais sa stabilité intérieure.
L’un des signes les plus significatifs concerne le secteur de la santé. Les prix de médicaments essentiels ont bondi de manière spectaculaire, parfois jusqu’à 380 %, rendant certains traitements inaccessibles pour une grande partie de la population. Des produits vitaux comme l’insuline ou des médicaments contre le cancer ont vu leurs coûts doubler, voire tripler, tandis que les hôpitaux font face à des pénuries croissantes. « De nombreux patients ne peuvent plus se permettre leurs prescriptions », confie un médecin, illustrant l’ampleur du choc sanitaire.
Parallèlement, la monnaie iranienne s’effondre à un rythme croissant. En seulement trois jours, elle a perdu 13 % de sa valeur face au dollar, dans un contexte d’inflation galopante estimée à 67 % sur un an. Cette dépréciation accélère la hausse du coût de la vie, déjà insoutenable pour de nombreux ménages.
La guerre et le blocus maritime ont également frappé de plein fouet le marché du travail. Plus d’un million de personnes auraient perdu leur emploi directement, et près d’un million d’autres indirectement. Les perspectives restent sombres, avec jusqu’à deux millions de suppressions de postes supplémentaires redoutées dans les mois à venir.
Au cœur de cette crise se trouve le détroit d’Ormuz, axe stratégique pour les exportations pétrolières iraniennes. Sa fermeture par Téhéran, suivie d’un blocus américain, a privé le pays de sa principale source de revenus. Résultat : une économie asphyxiée et une dépendance accrue à des routes commerciales alternatives encore limitées.
Face à l’urgence, le gouvernement tente de contenir la colère sociale par des aides, des subventions et des appels à la sobriété énergétique. Mais la combinaison explosive de pauvreté, de chômage et de pénuries pourrait raviver des manifestations massives, dans un pays déjà fragilisé par des années de sanctions et de mauvaise gestion.