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Iran : des ONG font état de 2 000 morts, le régime organise des contre-manifestations
Le ministre des Affaires étrangères affirme qu'Internet sera rétabli dans les prochaines heures


Alors que la vague de protestations anti-régime entre dans sa troisième semaine, les autorités iraniennes ont orchestré lundi matin des contre-manifestations de soutien au pouvoir dans plusieurs provinces du pays. Selon les médias d'État et les chaînes affiliées à l'axe chiite comme Al-Mayadeen, ces "marches massives" auraient rassemblé environ un million de personnes sous le slogan "Solidarité nationale et respect de la paix et de l'amitié".
Sans surprise, ces rassemblements pro-régime se sont accompagnés de slogans hostiles aux États-Unis et à Israël, dans une stratégie visant à présenter les manifestants opposés au pouvoir comme des agents cherchant à semer le chaos au service d'ennemis étrangers.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Aragchi, a affirmé lundi matin que la violence s'était intensifiée ce week-end lors des manifestations. Il accuse le président américain Donald Trump d'avoir transformé les protestations en "bain de sang" en déclarant que Washington interviendrait si le régime tuait à nouveau des manifestants. Selon Aragchi, le président américain aurait incité des "terroristes" à attaquer manifestants et forces de sécurité pour justifier une intervention. Le ministre assure néanmoins que "la situation est parfaitement maîtrisée" et lance un message ambivalent : "Nous sommes prêts à la guerre, mais aussi au dialogue."
De son côté, Donald Trump a révélé lundi soir que l'Iran avait proposé aux États-Unis de reprendre les négociations sur un accord nucléaire. "Nous pourrions peut-être les rencontrer", a déclaré le président américain aux journalistes à bord de son avion. "Je pense qu'ils en ont assez d'être pris en otage par les États-Unis, l'Iran veut négocier."
Mais Trump n'a pas exclu l'option militaire, mettant en garde le régime : "S'ils agissent ainsi, nous répondrons avec une force qu'ils n'ont jamais connue. Ils n'en croiront pas leurs yeux."
L'organisation iranienne de défense des droits humains HRANA, basée aux États-Unis, rapporte qu'au moins 538 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations il y a environ deux semaines, dont 490 manifestants et 48 membres des forces de sécurité. Toutefois, HRANA précise que le bilan réel serait probablement beaucoup plus lourd. Les services de renseignement israéliens estiment que plus de 1 000 Iraniens ont perdu la vie, certaines estimations évoquant même plus de 2 000 morts. Plus de 10 600 personnes auraient été arrêtées.
Des images insoutenables, introduites clandestinement hors d'Iran, montrent des Iraniens en larmes devant les corps de leurs proches tués lors des manifestations. Les vidéos révèlent également de longues rangées de corps enveloppés dans des sacs dans la cour d'un institut médico-légal, avec des photos des victimes montrées aux familles sur un écran pour identification. Sur l'une d'elles figure le nombre 250, suggérant qu'il y avait plus de 250 corps à cet endroit précis.
L'Iran est quasiment privé d'Internet depuis jeudi, le régime ayant bloqué l'accès au réseau pour empêcher la diffusion de documents relatifs aux atrocités commises et entraver l'organisation de manifestations. Selon l'organisation NetBlocks, qui surveille le trafic Internet, le taux de connexion en Iran n'atteint plus que 1% de son niveau normal. Ce lundi, après 84 heures de coupure, le ministre Aragchi a déclaré que les services seraient rétablis "en coordination avec les autorités de sécurité".
Le prince héritier iranien en exil, Reza Pahlavi, fils du dernier Shah renversé lors de la révolution de 1979, a publié un message énigmatique : "La liberté est proche. Nous ne sommes pas seuls ; le soutien international arrivera bientôt." Il proclame une "nouvelle étape du soulèvement national" et désigne les institutions de propagande du régime comme des "cibles légitimes", appelant leurs employés à "se tenir aux côtés de leur peuple".