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Iran : le pari israélien d’un soulèvement populaire ne se concrétise pas
Le scénario d’un soulèvement interne en Iran ne s’est pas matérialisé, révélant les limites d’une approche fondée sur l’effondrement du régime de l’intérieur.


Au début du conflit, un scénario ambitieux a été présenté au sommet de l’État israélien : provoquer, en quelques jours, un soulèvement interne en Iran susceptible d’ébranler, voire de renverser le régime. Selon plusieurs sources sécuritaires occidentales, le chef du Mossad, David Barnea, avait assuré que la guerre créerait une fenêtre d’opportunité pour mobiliser l’opposition iranienne et déclencher des troubles massifs, rapporte le New York Times.
Ce pari a pesé dans la décision stratégique de Benjamin Netanyahou, qui a également évoqué cette hypothèse auprès de responsables américains afin de convaincre Washington que la chute du régime était un objectif atteignable. Mais trois semaines après le début des hostilités, ce scénario ne s’est pas concrétisé. Les évaluations du renseignement américain et israélien convergent : le régime iranien, bien que fragilisé, reste solide, et la peur des forces de sécurité continue de dissuader toute mobilisation d’ampleur.
En coulisses, l’impatience grandit. Netanyahou aurait exprimé sa frustration face à l’absence de résultats tangibles, redoutant notamment que Donald Trump ne décide d’écourter le conflit avant que cette stratégie indirecte ne produise ses effets. Dès l’origine, plusieurs responsables américains et analystes militaires s’étaient montrés sceptiques, estimant qu’une population sous bombardements était peu susceptible de descendre dans la rue.
Parallèlement, un autre levier avait été envisagé : l’activation de milices kurdes basées au nord de l’Irak, avec lesquelles Israël entretient des liens anciens. Des frappes israéliennes dans l’ouest de l’Iran auraient notamment visé à affaiblir les capacités du régime et à ouvrir un corridor potentiel vers Téhéran. Toutefois, cette option suscite désormais des réticences à Washington, notamment en raison des pressions de la Turquie, farouchement opposée à toute implication kurde.
Ce décalage entre les ambitions initiales et la réalité du terrain révèle les limites d’une stratégie reposant sur un effondrement interne du régime. À ce stade, la guerre affaiblit Téhéran, sans pour autant provoquer la rupture politique espérée.