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L’Iran adopte une nouvelle stratégie militaire pour étendre le conflit régional (WSJ)
Téhéran mise désormais sur une stratégie d’escalade régionale et sur une structure militaire décentralisée afin de poursuivre la guerre même en cas de perte de ses principaux dirigeants.


Après la guerre dévastatrice menée l’an dernier contre les États-Unis et Israël, les dirigeants iraniens ont décidé d’opérer un changement stratégique majeur. Selon des informations rapportées par le Wall Street Journal, Téhéran a adopté un plan à haut risque visant à élargir le conflit à l’ensemble du Moyen-Orient, afin d’assurer la survie du régime face à ses adversaires.
Jusqu’à récemment, l’Iran répondait aux attaques étrangères par des ripostes limitées et ciblées contre l’agresseur direct. La nouvelle doctrine rompt avec cette approche. Désormais, la stratégie consiste à étendre la confrontation à l’échelle régionale, en visant notamment les États arabes du Golfe et leurs infrastructures économiques. L’objectif est de perturber l’économie mondiale et de créer une pression politique sur Washington pour l’inciter à écourter la guerre.
Ce virage stratégique a été décidé après la guerre de douze jours avec Israël en juin 2025, un conflit particulièrement destructeur pour l’Iran. Les frappes israéliennes et américaines avaient alors éliminé plusieurs hauts responsables militaires, détruit une grande partie des systèmes de défense aérienne et gravement endommagé les installations nucléaires iraniennes.
Face à ces pertes, le guide suprême iranien Ali Khamenei, avant son élimination au début du conflit actuel, a activé une stratégie destinée à garantir la continuité de la guerre même en cas de décapitation du commandement.
Au cœur de ce plan figure la doctrine dite de la « défense mosaïque », une structure militaire décentralisée. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) est organisé en plusieurs centres de commandement régionaux, chacun capable de poursuivre les opérations même si les dirigeants nationaux sont neutralisés.
Cette organisation permet à des commandants locaux de continuer les combats de manière autonome, rendant l’appareil militaire plus résilient face aux frappes ciblées.
Dans le cadre de cette stratégie, l’Iran a rapidement élargi le champ des hostilités. Des missiles et drones ont frappé plusieurs pays du Golfe, dont les Émirats arabes unis, le Qatar et Bahreïn, ainsi que des infrastructures énergétiques et portuaires. L’objectif est également de perturber les routes commerciales stratégiques, notamment dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.
Selon plusieurs analystes cités par le Wall Street Journal, cette approche repose sur un calcul : rendre le conflit suffisamment coûteux pour tous les acteurs afin de contraindre les États-Unis et leurs alliés à chercher rapidement une issue diplomatique.
Cependant, cette stratégie représente un pari extrêmement risqué. En élargissant le conflit à des États arabes et à des intérêts économiques internationaux, Téhéran pourrait provoquer une coalition encore plus large contre lui.
Malgré les pertes militaires subies, les forces iraniennes semblent pour l’instant maintenir leur capacité à lancer des attaques de drones et de missiles, ce qui leur permet de continuer à peser sur l’évolution du conflit.
Pour les dirigeants iraniens, l’objectif immédiat reste clair : assurer la survie du régime, même au prix d’une escalade régionale majeure.