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Malgré les frappes, l’Iran conserve l’essentiel de son potentiel nucléaire
Téhéran conserve l’essentiel de ses capacités nucléaires, notamment ses stocks d’uranium enrichi et des installations souterraines, renforçant son poids dans les négociations.


Malgré des semaines de frappes intensives menées par les États-Unis et Israël, l’Iran a réussi à préserver l’essentiel des composantes nécessaires au développement d’une arme nucléaire, selon des responsables et experts cités par le Wall Street Journal. Cette réalité confère à Téhéran un levier supplémentaire dans les négociations en cours avec Washington, alors que les discussions restent dans l’impasse.
Les attaques ont certes infligé des dommages significatifs à certaines infrastructures, notamment des laboratoires et des installations liées à l’enrichissement de l’uranium, ainsi qu’à la production de « yellowcake », matière première essentielle. Toutefois, selon les évaluations, l’Iran dispose encore de centrifugeuses opérationnelles et d’installations souterraines lui permettant de poursuivre ses activités nucléaires à l’abri des frappes.
L’un des éléments les plus préoccupants concerne le stock d’uranium enrichi. Téhéran aurait conservé environ 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %, un niveau proche de celui requis pour un usage militaire. Une partie de ce stock aurait été dissimulée dans des installations profondes, notamment dans un tunnel sous le site nucléaire d’Ispahan, compliquant toute tentative de neutralisation.
Si les frappes ont pu retarder certains aspects du programme, en particulier la conversion de l’uranium en métal utilisable pour une arme, les experts estiment que l’Iran conserve une grande partie de ses capacités. Des sites non inspectés, notamment des complexes souterrains fortifiés, pourraient encore servir à la poursuite du programme, échappant aux moyens d’attaque conventionnels.
Dans ce contexte, le différend sur le nucléaire reste au cœur de la crise. Les États-Unis exigent un arrêt total de l’enrichissement, tandis que l’Iran revendique son droit à un programme civil. Les discussions récentes ont échoué, notamment en raison du refus iranien de renoncer à ses capacités d’enrichissement.
Enfin, certains observateurs s’inquiètent d’un durcissement interne à Téhéran. La guerre pourrait renforcer les partisans d’un passage à l’arme nucléaire, estimant que les conflits récents justifient une telle évolution. Une perspective qui accentue les tensions et complique davantage toute issue diplomatique.