- i24NEWS
- International
- Moyen-Orient
- Spécial week-end | Comment la Turquie est devenue l'un des principaux adversaires d'Israël
Spécial week-end | Comment la Turquie est devenue l'un des principaux adversaires d'Israël
Soutien au Hamas, ambitions en Syrie et bataille pour les routes commerciales : Ankara s'impose comme l'un des principaux défis géopolitiques auxquels Israël fait face au Moyen-Orient.


Jusqu'au milieu des années 2000, Israël et la Turquie entretenaient l'une des alliances les plus solides du Moyen-Orient, fondée sur une coopération militaire étroite et des échanges économiques soutenus. L'arrivée au pouvoir de Recep Tayyip Erdoğan a toutefois profondément transformé cette relation, désormais marquée par une rivalité stratégique sur les plans politique, militaire et économique.
Sur le plan politique, Ankara affiche un soutien assumé au Hamas. Contrairement à plusieurs États arabes modérés, la Turquie est accusée d'offrir un refuge et une liberté d'action à des responsables du mouvement terroriste islamiste. Pour Erdoğan, la défense de la cause palestinienne constitue également un levier politique intérieur, lui permettant de consolider son électorat conservateur, notamment en période de difficultés économiques.
La deuxième ligne de fracture se situe en Syrie. Depuis la recomposition du pays, la Turquie cherche à renforcer son influence et à faire de Damas un partenaire stratégique. Selon l'article, Ankara a notamment déployé des systèmes radar sur des bases aériennes syriennes, capables de surveiller une partie de l'espace aérien israélien. Dans le même temps, la Turquie s'oppose à toute évolution susceptible de renforcer l'autonomie kurde dans le nord de la Syrie, alors qu'Israël privilégie une Syrie affaiblie afin de préserver sa liberté d'action militaire.
Enfin, la rivalité s'étend au domaine économique. Israël, avec les États-Unis, soutient le projet IMEC, un corridor commercial destiné à relier l'Inde et le Golfe à l'Europe via le port de Haïfa. Ankara défend un itinéraire alternatif passant par l'Irak et la Syrie afin de préserver son rôle de carrefour régional et de limiter l'influence économique d'Israël.
Selon cette analyse, les relations israélo-turques sont désormais entrées dans une véritable guerre froide régionale, où s'affrontent ambitions géopolitiques, intérêts sécuritaires et concurrence économique, bien loin du partenariat stratégique qui unissait autrefois les deux pays.