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Syrie : en pleine confrontation avec les Kurdes, le président al-Sharaa reconnaît leurs droits nationaux
Il a signé un décret reconnaissant des droits nationaux aux Kurdes, dont l’officialisation de leur langue et l’octroi de la citoyenneté à des milliers d’apatrides, dans un geste politique inédit.


Le président syrien Ahmed al‑Sharaa a promulgué vendredi un décret accordant plusieurs droits nationaux au peuple kurde, une décision d’ampleur annoncée alors que des combats opposent l’armée gouvernementale aux forces kurdes dans le nord du pays. Le texte marque une inflexion politique majeure dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu.
Le décret reconnaît officiellement le kurde comme « langue nationale », autorisant son enseignement dans les écoles publiques des régions où la minorité est fortement présente. Il institue également Norouz, le Nouvel An kurde célébré le 21 mars, comme jour férié officiel. Autre mesure symbolique et sensible : l’octroi de la nationalité syrienne aux Kurdes privés de citoyenneté à la suite d’un recensement controversé mené en 1962, qui avait laissé environ 20 % d’entre eux apatrides.
« Les citoyens syriens kurdes constituent une partie essentielle et authentique du peuple syrien », affirme le décret, soulignant que leur identité culturelle et linguistique fait partie intégrante de l’identité nationale syrienne. Une reconnaissance longtemps réclamée par cette communauté, marginalisée pendant des décennies sous les régimes précédents.
L’annonce intervient toutefois alors que les affrontements se poursuivent dans le nord de la Syrie. Les forces gouvernementales ont récemment repris des positions autour d’Alep, alimentant une nouvelle phase de tensions avec les groupes kurdes. Ces derniers avaient profité du chaos de la guerre civile pour établir une autonomie de fait sur de vastes territoires du nord et du nord-est, riches en ressources énergétiques, après avoir combattu le groupe État islamique avec l’appui d’une coalition internationale.
Les négociations engagées en mars 2025 pour intégrer les institutions civiles et militaires kurdes au sein de l’État syrien sont aujourd’hui au point mort. Le décret présidentiel apparaît ainsi comme un geste politique fort, mais dont la portée dépendra de son application concrète et de l’évolution du rapport de force sur le terrain.