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Syrie : le Parlement de transition tient sa première session après la chute d’Assad
À l’ouverture des travaux, le président syrien Ahmed al-Charaa a appelé les députés à faire preuve de « responsabilité et de compétence »


Plus d’un an après la chute du régime de Bachar el-Assad, la nouvelle Assemblée du peuple syrienne a tenu ce dimanche sa première séance à Damas. Cette institution de transition aura notamment pour mission de préparer le cadre constitutionnel du pays, alors que les nouvelles autorités cherchent à organiser l’après-guerre.
À l’ouverture des travaux, le président syrien Ahmed al-Charaa a appelé les députés à faire preuve de « responsabilité et de compétence », les exhortant à promouvoir « le dialogue, l’État de droit et le respect des institutions ».
« La Syrie écrit une nouvelle page de son histoire, et nous avons la responsabilité de reconstruire à la fois le pays et l’individu », a déclaré le chef de l’État devant les membres de la nouvelle chambre.
Cette assemblée provisoire remplace l’ancien Parlement syrien, dissous après la chute de Bachar el-Assad en décembre 2024. Les nouvelles autorités avaient alors adopté une déclaration constitutionnelle intérimaire destinée à encadrer une période de transition prévue pour durer cinq ans.
Composée de 210 membres, la chambre dispose de pouvoirs limités mais pourra examiner des textes de loi, approuver le budget national et participer à la rédaction d’une future Constitution. Son mandat initial est fixé à 30 mois, renouvelable jusqu’à la tenue d’élections générales.
La composition du Parlement fait toutefois l’objet de critiques. Contrairement à un scrutin national direct, les deux tiers des sièges ont été attribués par des collèges électoraux locaux dont les membres avaient été désignés par une instance dépendant du pouvoir intérimaire. Le tiers restant, soit 70 sièges, a été directement nommé par Ahmed al-Charaa le 1er juillet.
Les autorités justifient ce mécanisme par les conséquences de plus d’une décennie de guerre civile, qui ont provoqué le déplacement de millions de Syriens et rendu, selon elles, impossible l’organisation immédiate d’élections classiques.
Le président syrien affirme néanmoins vouloir organiser des élections générales dès que les conditions matérielles et administratives le permettront.
Les opposants au processus estiment pour leur part que ce système donne une influence excessive à l’exécutif et ne garantit pas une représentation suffisante des différentes composantes de la société syrienne, notamment des femmes et des minorités.
La première session parlementaire s’est ouverte avec quatre sièges non pourvus. L’un est vacant à la suite du décès d’un député, tandis que trois autres, réservés à la province de Soueïda, à majorité druze, n’ont pas encore été attribués.
Mohamed Taha al-Ahmed, responsable de l’organe chargé de superviser la nomination des collèges électoraux, a expliqué que le processus dans cette région du sud avait été reporté jusqu’à ce que « les conditions soient réunies ».
Soueïda demeure une zone particulièrement sensible depuis les affrontements de juillet dernier entre forces gouvernementales, combattants alliés issus de tribus bédouines et milices druzes. Selon les Nations unies, ces violences ont fait environ 1 700 morts.
La nouvelle Assemblée compte 21 femmes parmi ses membres, dont 15 ont été désignées directement par Ahmad al-Charia. Elles représentent environ 10 % des sièges.
Depuis la chute d’Assad, Ahmed al-Charaa, ancien cadre jihadiste ayant rompu avec Al-Qaïda une décennie auparavant, tente de repositionner la Syrie sur la scène internationale. Son gouvernement cherche à établir des relations avec les pays occidentaux et promet une période de réformes et d’ouverture.
Mais la première année de transition a également été marquée par plusieurs épisodes de violence entre les forces gouvernementales et certaines communautés minoritaires, notamment les Druzes de Soueïda, alimentant les inquiétudes sur la stabilité du nouveau pouvoir.