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Téhéran prépare une rupture durable avec l’internet mondial, alertent des militants
L’accès libre au réseau deviendrait un privilège réservé à une minorité triée sur le volet, tandis que la majorité de la population serait confinée à un internet national contrôlé par les autorités.


Selon des militants iraniens des droits numériques, le régime iranien s’apprête à instaurer une coupure durable, voire permanente, avec l’internet mondial, réservant l’accès en ligne international à une minorité d’individus triés sur le volet par les autorités. D’après un rapport de l’organisation de surveillance de la censure Filterwatch, l’accès libre au réseau mondial deviendrait un « privilège gouvernemental », accordé uniquement à des personnes disposant d’une habilitation sécuritaire.
Les autres citoyens n’auraient accès qu’à un « internet national », un réseau domestique fermé, strictement contrôlé et déconnecté du reste du monde. Les médias d’État et des responsables officiels auraient déjà laissé entendre que ce basculement serait définitif et que l’accès non restreint à l’internet mondial ne serait pas rétabli après 2026.
Cette évolution intervient dans le contexte de la vaste coupure d’internet imposée depuis le 8 janvier, à la suite de manifestations antigouvernementales massives. Si la contestation semble avoir ralenti sous l’effet d’une répression brutale, le blackout, l’un des plus longs jamais observés, continue de limiter drastiquement la circulation de l’information hors du pays.
Un ancien responsable du département d’État américain, interrogé par la presse britannique, juge ce scénario « plausible et terrifiant », tout en soulignant son coût économique et culturel potentiellement colossal. Selon lui, les autorités iraniennes pourraient « aller trop loin » et fragiliser durablement leur propre économie.
Les experts estiment que cette stratégie est l’aboutissement de plus de quinze ans d’efforts visant à contrôler l’espace numérique en Iran. Depuis 2009, Téhéran développe un internet national parallèle, accompagné de technologies de filtrage sophistiquées — parfois attribuées à des transferts technologiques chinois — permettant de surveiller, bloquer ou autoriser sélectivement les connexions.
Pour les défenseurs des libertés numériques, le risque est désormais celui d’un isolement informationnel durable de la population iranienne, dont les conséquences pourraient être aussi profondes que durables, tant sur le plan social qu’économique.