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Téhéran prêt à réduire l’enrichissement d'uranium sans renoncer à son programme
Téhéran refuse de transférer son uranium enrichi tout en se disant prêt à en réduire le niveau, une option jugée largement insuffisante par les experts.


Un haut responsable iranien a affirmé que le régime «ne remettra pas l’uranium enrichi», tout en laissant ouverte la possibilité d’en réduire le niveau d’enrichissement. Cette position intervient après la prolongation du cessez-le-feu régional et alors que Téhéran continue de rejeter les conditions posées par Washington dans le cadre d’un éventuel accord.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a confirmé qu’aucune décision n’avait encore été prise concernant la participation à un nouveau cycle de négociations avec les États-Unis. Il a toutefois précisé que le transfert d’uranium enrichi à l’étranger «n’est pas à l’ordre du jour», tandis qu’une réduction de son niveau d’enrichissement «reste envisageable».
Mais cette option est loin de rassurer. Selon des experts, une telle mesure aurait un impact limité sur le programme nucléaire iranien. Il rappelle que l’Iran a déjà atteint un seuil d’enrichissement d’environ 60 %, une étape particulièrement critique. À partir de ce niveau, passer à un enrichissement de 90 %, nécessaire à la fabrication d’une arme nucléaire, ne prendrait que «quatre à cinq semaines».
Autre élément préoccupant : la capacité technique de dissimulation. L’expert souligne qu’une seule cascade de centrifugeuses — permettant d’atteindre un niveau d’enrichissement militaire — peut tenir dans un espace réduit, équivalent à un studio. Une infrastructure de ce type pourrait être alimentée par une simple source d’énergie mobile, rendant sa détection particulièrement difficile.
Deux conclusions se dégagent de cette analyse : d’une part, l’Iran pourrait convertir discrètement son uranium enrichi en matériau militaire ; d’autre part, une réduction du niveau d’enrichissement ne ferait que ralentir le programme de quelques semaines, sans en modifier la trajectoire.
Dans ce contexte, la position iranienne apparaît comme une concession limitée sur le plan technique, mais insuffisante pour répondre aux inquiétudes internationales autour de ses ambitions nucléaires.