Eitan Horn : "Ce n’est pas une question politique, il faut enquêter sur ce qui s’est passé"
"Le 7 octobre n’aurait jamais dû se produire, et pourtant il s’est produit", a estimé l'ancien otage


Eitan Horn, ancien otage à Gaza, a décrit mercredi la lenteur et la difficulté de sa reconstruction, tout en réclamant une enquête approfondie sur les défaillances qui ont conduit au massacre du 7 octobre 2023.
Interrogé sur i24NEWS, il a expliqué tenter, pour la troisième fois depuis sa libération, de retrouver une véritable routine. "La reconstruction est longue, mais au moins j’ai la chance d’être ici, assis, vivant, en train de parler et de respirer", a-t-il déclaré. Il a évoqué "dix mois difficiles", marqués depuis son retour par les guerres successives contre l’Iran et au Liban.
Les alertes et les séjours dans les abris compliquent notamment son parcours thérapeutique. "Quand nous sommes dans les abris, je ne peux pas poursuivre ma rééducation", a-t-il expliqué, avant de relativiser ses propres souffrances face aux soldats tués, aux familles endeuillées et aux réservistes mobilisés depuis plus de deux ans.
Sa semaine est rythmée par trois journées de soins à l’hôpital, entre physiothérapie, ergothérapie, réflexologie et traitements destinés au corps comme à l’esprit. Mais sa reconstruction passe également par les gestes les plus ordinaires. "Pendant deux ans, je n’étais plus dans la vie", a-t-il confié, citant le fait de rester debout pour préparer une salade ou de se rendre seul à la banque.
Horn a également évoqué l’incertitude permanente vécue pendant sa captivité. "Chaque jour, nous ignorions si nous sortirions un jour et si nous reverrions notre famille et nos amis", a-t-il raconté.
L’élimination du terroriste qui le détenait ne lui apporte toutefois aucun véritable soulagement. "Ce n’est pas que je les aime ou que je leur pardonnerai un jour, mais tuer des terroristes, c’est mettre la poussière sous le tapis", a-t-il estimé. "Le 7 octobre n’aurait jamais dû se produire, et pourtant il s’est produit."
Le rescapé affirme attendre désormais des réponses, mais aussi un changement profond dans le pays. "J’attends un État meilleur", a-t-il déclaré, saluant l’unité observée au sein de la société israélienne pendant "ces deux années d’enfer", entre la droite et la gauche, les laïcs et les religieux.
"Ce n’est pas une question politique. Quelqu’un doit donner des réponses, il faut enquêter sur ce qui s’est passé et quelqu’un doit assumer ses responsabilités", a insisté Horn. Il s’est dit favorable à toutes les formes d’investigation, qu’elles soient politiques, officielles ou menées par d’autres instances, jugeant indispensable de comprendre les erreurs commises.
"Ils préparent un autre 7 octobre", a-t-il averti. "Si nous n’assumons pas nos responsabilités, au niveau politique, gouvernemental ou militaire, nous devons au moins être prêts pour la prochaine fois."