Israël ouvre sa première "clinique du futur", dopée à l’intelligence artificielle
L'ambition est de faire de cette expérience locale un modèle de médecine communautaire associant intelligence artificielle et technologies de pointe à un suivi plus personnel des patients


La caisse d'assurance maladie Clalit a inauguré à Beer-Sheva la première "clinique du futur" d’Israël, un établissement conçu comme un laboratoire grandeur nature pour expérimenter une nouvelle approche de la médecine de proximité, associant intelligence artificielle, technologies avancées, prévention et suivi personnalisé des patients.
Baptisée Lavi, la clinique est installée au cœur du quartier de l’innovation de Beer-Sheva. Ouverte aux patients depuis trois mois, elle doit permettre de tester de nouveaux outils et méthodes avant leur éventuel déploiement dans l’ensemble du réseau de Clalit, le plus important organisme de santé d’Israël.
Parmi les équipements déjà utilisés figurent un robot de service, une station automatisée d’analyse d’urine ainsi que des appareils permettant aux patients de mesurer eux-mêmes plusieurs constantes vitales. La télémédecine, le suivi à domicile et différents services automatisés occupent également une place importante dans le dispositif.
Mais Clalit insiste sur un principe : la technologie ne doit pas remplacer la relation entre le médecin et son patient. L’objectif est au contraire d’automatiser certaines tâches afin de libérer du temps pour les soignants. "Même à l’ère de l’intelligence artificielle, le but n’est pas de remplacer le facteur humain, mais d’utiliser la technologie pour libérer la ressource la plus précieuse de nos soignants : le temps et l’attention", explique le professeur Ran Balicer, directeur de l’innovation de Clalit.
Le modèle repose également sur une médecine davantage proactive. Des questionnaires et des entretiens permettent aux équipes de mieux connaître le mode de vie des patients et d’identifier leurs besoins en matière de prévention. La clinique veut notamment faciliter le suivi des maladies chroniques et rapprocher certains soins du lieu de travail et du quotidien des patients.
À la tête de l’établissement, le Dr Assi Cicurel, responsable de la médecine familiale du district sud de Clalit, estime que cette transformation est rendue nécessaire par le vieillissement de la population, la progression des maladies chroniques et les attentes croissantes des patients. Le défi, résume-t-il, consiste désormais à "faire plus avec moins".
Le projet a nécessité trois années de préparation dans un contexte particulièrement difficile. Sa conception s’est poursuivie pendant la guerre et malgré plusieurs épisodes sécuritaires, dont la chute d’un missile iranien à proximité de la clinique.
Pour Clalit, le choix de Beer-Sheva est également symbolique. L’organisme entend faire du sud d’Israël un terrain d’expérimentation pour des innovations susceptibles d’être ensuite déployées dans tout le pays. "Lavi n’est pas seulement une clinique, c’est une déclaration d’intention", affirme Hedva Emuna, directrice du district sud de Clalit. À terme, l’ambition est de faire de cette expérience locale un modèle de médecine communautaire associant intelligence artificielle et technologies de pointe à un suivi plus personnel des patients.