Israël prévoit de mettre fin à sa dépendance à l’aide militaire américaine d’ici dix ans, annonce Netanyahou
Une démarche qu’il affirme déjà engagée, tout en réaffirmant l’importance du lien stratégique avec Washington.


Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a annoncé son intention de réduire progressivement la dépendance d’Israël à l’aide militaire américaine, avec pour objectif d’y mettre fin d’ici une décennie. Cette déclaration a été faite dans un entretien accordé au magazine The Economist, publié vendredi.
Pour la première fois publiquement, le chef du gouvernement a indiqué qu’il pourrait ne pas chercher à renouveler intégralement le programme d’assistance militaire américaine, qui s’élève actuellement à 3,8 milliards de dollars par an et doit être renégocié en 2028. Selon lui, un processus de désengagement est déjà « en cours », dans une logique visant à rendre Israël « aussi indépendant que possible » sur le plan stratégique et financier.
Benjamin Netanyahou a souligné que cette évolution pourrait également contribuer à améliorer l’image internationale d’Israël, en réduisant les critiques liées à sa dépendance à l’égard de Washington. Il a toutefois précisé qu’il continuerait à œuvrer pour préserver le soutien du public américain, qu’il juge essentiel au partenariat bilatéral.
Interrogé sur la perception mondiale d’Israël, le Premier ministre a dénoncé ce qu’il décrit comme une « guerre de propagande » menée contre l’État hébreu, notamment sur les réseaux sociaux. Il estime qu’Israël est soumis à des standards internationaux « impossibles » et que la désinformation alimente une hostilité croissante, y compris sous des formes qu’il qualifie de nouvelles expressions d’anciens préjugés antisémites.
Abordant enfin la situation régionale, Benjamin Netanyahou a évoqué les protestations en cours en Iran. Sans appeler explicitement à un changement de régime, il a estimé que celui-ci pourrait être une conséquence indirecte des récents revers militaires de Téhéran et de sa gestion interne. Il a toutefois insisté sur le fait qu’Israël n’avait pas vocation à intervenir dans les affaires intérieures iraniennes, sauf en cas d’attaque directe.