Plus de 3 500 jeunes issus de l’immigration veulent s’engager dans Tsahal
Nés ou élevés en Israël mais titulaires d’un statut temporaire, ces jeunes restent exclus du recrutement pour des raisons administratives.


Alors que le chef d’état-major de Tsahal, Eyal Zamir, alerte sur une grave pénurie de personnel, plus de 3 500 jeunes âgés de 15 à 25 ans vivant en Israël souhaiteraient s’engager dans l’armée mais en seraient empêchés en raison de leur statut administratif.
Selon l’Autorité de la population et de l’immigration, ces jeunes ne disposent que d’un statut de résidence temporaire. Beaucoup sont nés en Israël ou y sont arrivés enfants, ont étudié dans le système scolaire israélien, parlent hébreu et considèrent le pays comme leur foyer.
Dans une lettre adressée au chef d’état-major, l’avocat Tomer Warsha, président de la commission de l’immigration du barreau israélien, demande la création immédiate d’une filière d’enrôlement adaptée.
« Nous ne pouvons pas laisser devant les bureaux de recrutement des jeunes qui ont grandi ici, parlent hébreu, considèrent Israël comme leur maison et veulent porter l’uniforme », affirme-t-il.
Les auteurs de la lettre soulignent que la loi israélienne sur le service militaire permet déjà à l’armée de recruter des personnes qui ne sont ni citoyennes ni résidentes permanentes, à condition qu’elles vivent durablement en Israël.
Ils proposent qu’une équipe de Tsahal examine les candidatures individuellement, en fonction des liens avec le pays, des critères médicaux et des impératifs de sécurité, avant le lancement d’un programme pilote.
Ces recrues pourraient être affectées à des postes de combat, de technologie, de logistique, de santé ou de soutien opérationnel.
Selon des sources proches du dossier, le parti orthodoxe Shas bloquerait actuellement cette initiative. Ses responsables craindraient qu’après trois années de service militaire, il devienne politiquement et juridiquement difficile de refuser la citoyenneté israélienne à ces jeunes.
Les promoteurs du projet précisent pourtant que leur enrôlement ne nécessiterait ni naturalisation automatique ni modification préalable de leur statut.
Ils estiment qu’en pleine pénurie de soldats, laisser de côté plusieurs milliers de volontaires motivés n’est ni justifié ni conforme aux intérêts sécuritaires d’Israël.