Sondage : 70 % des Israéliens rejettent l’idée d’un État palestinien sur les lignes de 1967
62 % des sondés s’opposent à un État palestinien même si cela ouvrait la voie à une normalisation avec l'Arabie saoudite


Une large majorité d’Israéliens s’oppose aujourd’hui à la création d’un État palestinien basé sur les frontières de 1967, révèle une nouvelle enquête du Jerusalem Center for Security and Foreign Affairs. Réalisé les 16 et 17 novembre auprès de 698 citoyens juifs et arabes, le sondage confirme un durcissement significatif de l’opinion publique depuis les attaques du 7 octobre.
D’après les résultats, 70 % des personnes interrogées rejettent l’établissement d’un tel État, soit le niveau d’opposition le plus élevé depuis le début de la guerre. Parmi les Israéliens juifs, ce rejet grimpe à 79 %. Seuls 8 % soutiennent clairement la solution sur les lignes de 1967, tandis que 13 % accepteraient l’idée à condition que le futur État reconnaisse Israël comme État du peuple juif et demeure totalement démilitarisé. Neuf pour cent se déclarent indécis.
L’étude montre également qu’un accord de normalisation avec l’Arabie saoudite ne suffirait pas à inverser cette tendance : 62 % des sondés s’opposent à un État palestinien même si celui-ci ouvrait la voie à un rapprochement historique avec Riyad. Là encore, les écarts entre communautés sont importants : 73 % des Israéliens juifs rejettent le principe, contre 56 % des Arabes israéliens qui y sont favorables, dont un tiers sans conditions.
Interrogés sur une éventuelle normalisation avec l’Arabie saoudite incluant la vente d’avions F-35 américains à Riyad, en échange d’un abandon de la demande saoudienne concernant un État palestinien, les Israéliens se montrent divisés. Quarante-trois pour cent refusent cet accord, tandis que 40 % y seraient favorables, la majorité de ces derniers exigeant une garantie américaine sur le maintien de la supériorité militaire israélienne. Seuls 6 % soutiennent un tel compromis sans réserves.
Concernant l’initiative américaine actuellement discutée au Conseil de sécurité de l’ONU, 49 % refusent que le gouvernement israélien s’engage, même de manière conditionnelle, à soutenir un futur État palestinien. Chez les Israéliens juifs, cette opposition atteint 57 %. Vingt pour cent accepteraient néanmoins un engagement si l’État en question était démilitarisé et reconnaissait Israël comme État du peuple juif.
Enfin, au sujet de l’avenir sécuritaire de Gaza, 62 % des sondés soutiennent l’idée d’un déploiement international pour stabiliser le territoire, avec une préférence nette pour une présence américaine ou occidentale. Seuls 10 % accepteraient une participation turque ou qatarie, tandis que 26 % souhaitent qu’Israël conserve seul le contrôle militaire de Gaza.