Tsahal : plus de la moitié des plaintes de soldats jugées fondées en 2025
6 621 plaintes ont été déposées contre des commandants et des soldats en 2025, avec une forte hausse des plaintes de militaires de carrière


La médiatrice des soldats, la générale de réserve Rachel Tevet-Wiesel, a remis lundi son rapport annuel 2025 au ministre de la Défense Israël Katz et à la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset. Le document dresse un constat préoccupant : une hausse marquée des plaintes contre des commandants et des soldats durant l’année marquée par les combats intensifs à Gaza et dans le nord.
Au total, 6 621 plaintes ont été déposées en 2025. Parmi celles examinées, 52 % ont été jugées fondées. Près de 18 % ont été résolues dès la phase d’instruction. La progression la plus notable concerne les militaires de carrière, dont les réclamations ont augmenté d’environ 40 % par rapport à l’année précédente ; 58 % de leurs plaintes se sont révélées justifiées.
Dans le détail, 3 134 plaintes ont été soumises par des soldats du service obligatoire, 965 par des militaires de carrière, 1 269 par des réservistes et 847 par des jeunes en cours de recrutement. Le rapport met en lumière des dysfonctionnements à tous les niveaux de la hiérarchie.
Plusieurs cas cités illustrent la gravité des faits signalés. Une commandante aurait tenu à une soldate des propos à connotation raciste évoquant l’esclavage aux États-Unis en référence à la couleur de peau de cette dernière. Dans une autre unité, un adjudant aurait insulté des soldats en employant des termes grossiers et des comparaisons racistes.
Sur le plan opérationnel, certains témoignages font état de mises en danger. Un soldat affirme que son commandant lui aurait ordonné d’entrer seul au Liban lors d’une manœuvre terrestre, sans moyen de communication. Un militaire de carrière dit avoir été contraint de pénétrer dans un bâtiment endommagé par les combats sans équipement de protection, alors qu’il était considéré comme dangereux.
Le rapport évoque également des manquements dans le traitement de plaintes pour harcèlement. Une soldate affirme que son signalement auprès de la conseillère pour les questions de genre n’a pas été traité correctement. Une autre, qui avait confié à sa supérieure avoir été violée, aurait été affectée à une garde l’empêchant de se rendre à un rendez-vous avec les services compétents.
En réaction, l’armée israélienne a assuré prendre très au sérieux les conclusions du rapport. Le chef d’état-major a demandé un examen systématique des lacunes identifiées, un renforcement de la formation des cadres, notamment sur le respect des règles de conduite et la lutte contre les propos racistes, ainsi qu’une amélioration de l’accès au soutien psychologique, pointé comme insuffisant pour les jeunes recrues.