Yoav Gallant : Netanyahou "ment" sur les évènements du 7 octobre
Selon lui, des extraits de discussions et des phrases sorties de leur contexte ont été assemblés afin de construire un récit avantageux pour Netanyahou


L’ancien ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a lancé samedi soir une attaque frontale contre le Premier ministre Benjamin Netanyahou, l’accusant ouvertement de mentir sur sa gestion des événements du 7 octobre et sur les décisions prises au début de l’offensive. Ses déclarations ont été faites lors d’une interview télévisée accordée à la chaîne N12.
Gallant affirme que les documents transmis par le Premier ministre au contrôleur de l’État relèvent d’une tentative délibérée de "fabrication de la conscience collective". Selon lui, des extraits de discussions et des phrases sorties de leur contexte ont été assemblés afin de construire un récit avantageux pour Netanyahou. "Je n’aurais jamais imaginé devoir dire cela publiquement, mais notre Premier ministre ment", a-t-il déclaré.
L’ancien ministre a notamment contesté les affirmations de Netanyahou selon lesquelles il se serait opposé à plusieurs reprises aux positions de l’establishment sécuritaire, en particulier le matin du 7 octobre. Gallant a expliqué qu’à 9 heures ce jour-là, il venait de conclure une évaluation de la situation avec l’armée israélienne, alors que Netanyahou n’était pas encore arrivé au quartier général militaire de Tel-Aviv, la Kirya. "J’ai déclaré que nous étions en guerre, ordonné la mobilisation totale, réguliers et réservistes, et exigé un déploiement immédiat au nord et au sud", a-t-il détaillé, ajoutant que le Premier ministre ne pouvait pas revendiquer des décisions prises alors qu’il était absent.
Au-delà des désaccords opérationnels, Gallant a souligné une rupture de confiance plus profonde. Ce qui a franchi, selon lui, une "ligne rouge", n’est pas son éviction temporaire après son intervention publique, mais l’attitude du Premier ministre envers les chefs des institutions de sécurité. Il a accusé Netanyahou d’avoir attaqué en coulisses le chef d’état-major de Tsahal et le directeur du Shin Bet, pourtant engagés, selon lui, avec courage malgré l’échec majeur du 7 octobre.
Gallant a opposé ce qu’il décrit comme sa propre hiérarchie de priorités, l’État d’Israël, l’appareil sécuritaire et les forces armées avant toute considération personnelle, à celle qu’il prête au Premier ministre, qu’il accuse de placer son avenir politique et la survie de sa coalition au-dessus de l’intérêt national.
L’entourage de Netanyahou a vivement réagi, accusant à son tour Gallant de mensonges répétés, y compris sur des opérations majeures telles que l’élimination du terroriste Hassan Nasrallah ou l’entrée des forces israéliennes à Rafah. Selon ces proches, les faits finiront par démontrer que le Premier ministre n’a pas hésité à donner des ordres décisifs, sans se plier à des conditions extérieures.