- i24NEWS
- Israël
- Politique Israélienne
- La Knesset approuve en première lecture la loi fondamentale sur l’étude de la Torah
La Knesset approuve en première lecture la loi fondamentale sur l’étude de la Torah
Le texte, qui assimile l’étude de la Torah au service militaire, a été adopté par 56 voix contre 43 et doit désormais être examiné en commission


La Knesset a approuvé mercredi en lecture préliminaire une proposition de loi fondamentale consacrant l’étude de la Torah comme une valeur fondamentale de l’État d’Israël. Le texte, porté par les députés orthodoxes Moshe Gafni et Yaakov Asher, a été adopté par 56 voix contre 43 et doit désormais être examiné en commission.
Le gouvernement a toutefois annoncé que la version actuelle serait modifiée avant les prochaines étapes législatives. Au nom de l’exécutif, le ministre Ze'ev Elkin a précisé que la disposition établissant une équivalence entre les étudiants des yeshivot et les militaires serait retirée du texte. Selon lui, le gouvernement soutient le principe de la loi en raison de l’importance de l’étude de la Torah dans l’héritage du peuple juif, mais exige une révision du projet avant sa première lecture officielle.
L’adoption du texte a été saluée par les partis orthodoxes. Le président du Shas, Aryeh Deri, a évoqué une étape historique vers la reconnaissance du rôle central de l’étude de la Torah dans la société israélienne. D’autres responsables de la coalition y ont vu une affirmation de l’identité juive de l’État.
L’opposition a, en revanche, vivement dénoncé l’initiative. L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a estimé que la loi risquait de porter gravement atteinte à Israël en fragilisant les fondements de son économie et de sa défense. Le chef de l’opposition Yair Lapid a accusé le gouvernement de promouvoir un texte destiné à financer l’exemption du service militaire plutôt qu’à renforcer l’étude religieuse. De son côté, Gadi Eisenkot a dénoncé un compromis politique visant avant tout à prolonger la survie de la coalition au pouvoir, accusant le gouvernement d’agir à contre-courant des besoins sécuritaires du pays.
Le débat s’est également étendu au pouvoir judiciaire. Plus tôt dans la journée, le ministre David Amsalem a vivement critiqué la procureure générale Gali Baharav-Miara ainsi que les magistrats opposés au projet, les accusant de s’en prendre à la place de l’étude de la Torah dans la société israélienne. Cette nouvelle controverse illustre les profondes divisions qui traversent Israël autour de la question du service militaire des orthodoxes et de leur place dans la vie publique.