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Tumulte à la Knesset après le gel des arrestations des orthodoxes réfractaires au service militaire
Dès l’adoption du texte, les partis Yesh Atid et Israël Beiteinou ont saisi la Cour suprême pour tenter de le faire annuler


La Knesset a définitivement adopté mardi une loi suspendant les arrestations d’étudiants de yeshiva qui ne se sont pas présentés au service militaire. Le texte, approuvé en deuxième et troisième lectures par 59 députés, a provoqué de vives tensions dans l’hémicycle, alors que la coalition accélère l’adoption de plusieurs textes avant la dissolution du Parlement et l’ouverture de la campagne électorale.
Cette disposition temporaire doit protéger les étudiants de yeshiva concernés contre les arrestations et les poursuites jusqu’au 30 novembre, après les élections législatives. Les conseillers juridiques de la commission des Affaires étrangères et de la Défense avaient dénoncé un "privilège sectoriel", estimant que le texte aggravait les inégalités face aux obligations militaires.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahou s’est rendu à la Knesset pendant les débats, où des députés de l’opposition l’ont accueilli aux cris de "Honte !" et "Va-t’en !". Il a finalement quitté l’hémicycle avant le scrutin en raison du tumulte. Le ministre de la Défense Israël Katz a lui aussi été pris à partie après avoir voté en faveur de la loi.
Plusieurs élus de la coalition, parmi lesquels Dan Illouz, Yuli Edelstein, Moshe Solomon et Sharren Haskel, ont voté contre le texte. D’autres députés étaient absents. Des parlementaires orthodoxes ont, de leur côté, remis au président de la Knesset une déclaration signalant que la loi pouvait concerner directement certains de leurs enfants ou petits-enfants, eux-mêmes en âge d’effectuer leur service militaire.
Avant le vote, la députée d’Israël Beiteinou Yulia Malinovsky, mère d’un soldat, a affirmé que cette mesure aurait des conséquences directes sur les militaires et leurs familles. À l’inverse, le président du Shas, Aryeh Deri, a salué une première étape pour mettre fin à ce qu’il qualifie de "persécution" des étudiants de yeshiva.
Dès l’adoption du texte, les partis Yesh Atid et Israël Beiteinou ont saisi la Cour suprême pour tenter de le faire annuler. Ils accusent le gouvernement d’approfondir la différence de traitement entre les jeunes Israéliens soumis à la conscription et ceux issus de la communauté orthodoxe.