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Près d’un Israélien sur deux favorable à davantage de sanctions pour encourager l’enrôlement des orthodoxes
Près de la moitié des Israéliens souhaitent accentuer la pression sur les jeunes orthodoxes afin de favoriser leur enrôlement dans l’armée, selon un nouveau sondage.


Près de la moitié des Israéliens, soit 46 %, estiment que des mesures plus sévères doivent être prises afin d’encourager l’enrôlement des jeunes hommes orthodoxes dans Tsahal, selon l’indice de la société israélienne publié en juillet par le Jewish People Policy Institute (JPPI).
Parmi les répondants juifs, cette proportion atteint 50 %. À l’inverse, 31 % des personnes interrogées considèrent que l’enrôlement des orthodoxes ne devrait être mis en œuvre qu’avec l’accord de leurs dirigeants religieux. Enfin, 11 % estiment que les tentatives visant à les recruter sont vouées à l’échec et devraient être abandonnées.
Le sondage met en évidence de profondes divergences selon les orientations politiques des personnes interrogées.
À droite, 59 % des répondants privilégient un compromis négocié avec les dirigeants orthodoxes. Au centre et à gauche, une large majorité se prononce au contraire en faveur de sanctions : 73 % des électeurs centristes et 79 % des électeurs de gauche souhaitent renforcer les mesures de pression.
Les différences sont également particulièrement importantes entre les électorats des principaux partis.
Parmi les sympathisants du Likoud de Benjamin Netanyahou, 75 % préfèrent parvenir à un compromis avec les responsables orthodoxes. À l’inverse, 84 % des électeurs d’Israel Beitenu, le parti dirigé par Avigdor Liberman, soutiennent l’imposition de sanctions.
Au sein même de la population orthodoxe, 45 % des personnes interrogées considèrent qu’un enrôlement pourrait être envisageable à condition d’obtenir l’accord des dirigeants religieux. Seuls 15 % des répondants orthodoxes se disent favorables à des sanctions.
L’enquête s’est aussi intéressée à la manière dont les Israéliens perçoivent les manifestations orthodoxes contre la conscription, en les comparant aux mobilisations organisées contre la réforme judiciaire.
Environ un tiers des répondants, soit 32 % de l’ensemble de la population et 36 % des Juifs israéliens, estiment que les manifestants orthodoxes devraient être autorisés à bloquer les routes, puisque de telles actions avaient été tolérées lors du mouvement contre la réforme judiciaire.
À l’inverse, 39 % des personnes interrogées jugent ces manifestations injustifiées et considèrent qu’elles doivent être interrompues. Cette opinion est partagée par 53 % des Israéliens laïcs.
Pour Yedidia Stern, président du JPPI, les positions adoptées sur la conscription des orthodoxes sont avant tout dictées par des considérations politiques.
Selon lui, la droite souhaite préserver son alliance avec les partis orthodoxes, tandis que le centre et la gauche, qui ne bénéficient pas de leur soutien politique, privilégient les sanctions.
« Lorsque le facteur déterminant est purement politique et non lié au fond du problème, la solution semble plus éloignée que jamais », a estimé Yedidia Stern.
La question de l’enrôlement des orthodoxes reste l’un des dossiers les plus sensibles de la vie politique israélienne. Elle divise depuis plusieurs années les partis de la coalition et de l’opposition, alors que les besoins en effectifs de Tsahal se sont fortement accrus.
Le sondage de l’indice de la société israélienne du JPPI a été réalisé par le panel de l’institut ainsi que par Afkar auprès de la population arabe. Les résultats ont été pondérés en fonction des habitudes de vote et du niveau de religiosité afin de représenter l’ensemble de la société israélienne.